Travailler, agir
6. Puy, c'est-à-dire montagne, éminence. On désignait ainsi l'estrade où siégeaient les juges du concours et où les poètes débitaient leurs vers. On a dit aussi que ces concours poétiques avaient pris naissance au Puy-en-Yelay. (Voy. ci-dessus, p. 55.)
qui, dans diverses villes, ouvraient des concours entre les poètes et décernaient des prix aux vainqueurs. C'étaient les académies du moyen âge. Certains puys se mêlaient aussi de représentations dramatiques, comme faisaient d'ailleurs dans le même temps la plupart des confréries sacrées ou profanes.
La versification est la même dans presque toutes ces pièces : le vers employé est le vers octosyllabique et cha- I que couplet se termine par un petit vers de quatre syllabes jqui rime avec le premier vers du couplet suivant; disposition singulière qui donne une cadence agréable au dialogue et devait servir merveilleusement la mémoire des acteurs.
Ces drames offrent un curieux mélange de mysticisme et de réalisme poussé parfois jusqu'à l'extrême trivialité ; les faits merveilleux qu'on y met en scène se déroulent le plus souvent dans le cadre le plus bourgeois et le plus prosaïque. Les titres de quelques-unes de ces pièces en indiqueront assez le sujet :
— Cy commence un miracle de Nostre Dame, comment un enfant resuscila entre les braz de sa mère, que l'en* vouloit ardoir* pour ce qu'elle Tavoit noie.
— Cy commence un miracle de Nostre Dame d'Amis et d'Amille, lequel Amille tua ses deux enfants pour garir Amis son compaignon qui estoit raeseP et depuis les resuscita Nostre Dame.
— Cy commence un miracle de Nostre Dame de Robert le Dyable, filz du duc de Normendie a qui il fu enjoint pour ses meffaiz que il feist le fol sanz parler, et depuis ol * Nostre Seigneur mercy de li, et espousa la fille de l'Empereur.
— Cy commence un miracle de Nostre Dame comment le roi