Les voici
110 QUATOHZIÈME SIÈCLE
Lez la houssoie* les trouvay.
Si les ay yoIu pourvéoir, Tant qu'enfans sont biaux a véoir.
^ Je n'en doy pas, si com me semble Pis valoir. Entre vous ensemble, Qu'en dites-vous?
C'est ainsi que notre auteur anonyme a su prêter quelquefois à ses personnages un langage animé, vivant, naturel : si tout ce théâtre était écrit avec la même franchise et la même vérité, ces drames, vieux de cinq cents ans, pourraient sembler encore agréables à des lecteurs modernes.
19. Le théâtre comique 3u xiv« siècle ne nous a pas transmis un seul ouvrage de quelque importance.
Le genre dramatique original et neuf, créé par Adam de la Halle, dans Robin et Marion et dans le Jeu de la Feuillée, ne lui avait pas survécu. D'autre part, les genres \ qui devaient se développer si brillamment au xv« siècle, sous les noms de mora/te, farces, sotties, n'existaient pas encore au xiv® siècle. On trouve seulement deux pièces dialoguées dans l'œuvre immense d'Eustache Deschamps; encore s'y mêle-t-il une certaine partie narrative. Il semble qu'il y ait eu interruption de la veine comique entre le xni« siècle et le xv«. Car il est peu plausible que la comédie du xiv« siècle, si elle a existé, ait péri sans laisser presque aucune trace. Il se peut, toutefois, que beaucoup de farces du xv« siècle ne soient qu'un rajeunissement de pièces plus anciennes, oubliées de bonne heure sous leur première forme.
Froissart.
80. Ce siècle offre un plus grand intérêt d'étude à 1 Buisson*