‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 43 sur 114 · Visage · texte numérisé non relu

Visage

Les dents du viilain marsouin Son feu père, et du babouin Le filz, avant qu'iiz en prestassent Cecy, ne qu'ung beau mot parlassent.

Cependant l'ennemi approche : il faut aviser : « Je me vais coucher, dit Pathehn, et quand il viendra, dites-lui de parler bien bas : ayez soin de faire triste mine ; affirmez que je suis au lit depuis six semaines ou deux mois. S'il répond : « Je viens de le voir chez moi », dites-lui qu'il ne faut pas se moquer des pauvres gens.

La fine commère jure de bien se tenir. On frappe; elle ouvre en pleurant.

Uelasî sire, Par Dieu ! se vous voulez rien dire, Parlez plus bas — Dieu vous gard, dame.

— Ua, plus bas — Et quoi? — Bon gré, m'ame...

— Ou est-il? — Las! ou doit-il estre?

— Le qui? — Ha î c'est mal dit, mon maistre!

Ou est-il? et Dieu par sa grâce

Le sache ! 11 garde la place Ou il est, le povre martir, Unze semaines, sans partir...

La scène se prolonge et le quiproquo s'embrouille de la façon la plus amusante. « Il m'a pris six aunes de drap, il n'y a pas un quart d'heure. — Messire, vous vous moquez d'un pauvre moribond. — Çà payez-moi neuf francs. — Etes-vous hors de sens? — Mais c'est pour s'en faire une robe. »

— Il n'a nul besoin d'avoir robe.

Jamais robe ne vestira Que de blanc ; ne se partira D'ond* il est que les piedz devant !

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