‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 46 sur 114 · Tombôesi · texte numérisé non relu

Tombôesi

PATHETiIN. i43

Avec les autres : gette la I

— Voulentiers ! » fais-je. Mais cela Se faisoit par une autre voye ;

Car, par sainct Jehan, je les mangeoye.

La chose a tant duré que le troupeau est réduit à rien, et Thibaut Agnelet cité devant la justice. Mais il a quelques écus pour se défendre et payer un bon avocat maître Pathelin, par exemple.

Je scay bien qu'il a bonne cause ; Mais vous trouverez bien tel clause, Se voulez, qu'il Taura mauvaise.

Gagner une mauvaise cause, voilà pour Pathelin double joie. Mais comment nier des faits si patents? « Écoule, dit-il au berger, quoi qu'on te dise ou te demande, ne réponds qu'en bêlant, comme ferait un de tes moutons : »

Ha! feray je, il est niée*.

Ilcuyde* parler a ses bestes...

A nioy mesme pour quelque chose Que je te die ne propose.

Si ne respondz point autrement.

Agnelet a bien compris : désormais il bêlera pour toute réponse.

Nous sommes devant le juge; Guillaume arrive et dépose sa plainte sans reconnaître Pathelin, qui dissimule son visage; le juge l'interpelle :

Gomment vous tenez la main haute?

Av' vous ' mal aux dents, maislre Pierre?

— Ouy, elles me font telle guerre Qu'oneques mais* ne senty tel raige.

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