‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 52 sur 114 · Tromperie · texte numérisé non relu

Tromperie

150 QUIINZIÈME SIÈCLE.

ment gouvernée en crainte de Dieu, et bonne moderacion de vie.Illecques* n'entrent nulzpechcz,iUec est vie droicturière, ou il y a remors de chacun péché, et ou il n'a noise, murmure ne envie. De telle vie s'esjouist nature, et en telles aises vit elle longuement, et petit a petit s'en va jusques a plaisant vieillesse et honneste fin.

Certes il y a une émotion vraie et une langue heureuse dans cet éloge naïf d une vie obscure et sage. Toutefois la renommée d'Alain Chartier ne lui survécut guère; au lieu que celle de Comines n'a cessé de grandir, L'un est un bel esprit et un homme de cœur; l'autre un esprit profond et un écrivain de génie.

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loo. Philippe de Comines naquit, près d'Hazebrouck, vers 1445, d'une famille de riches bourgeois anoblis, attachée au service du duc de Bourgogne. Lui-même, avant vingt ans, devint écuyer du duc Philippe le Bon ; un peu plus tard, chambellan de Charles le Téméraire. Il vU Louis XI, à Péronne (1467), et contribua, par les conseils de modération qu'il donna au duc, à sauver le roi du mauvais pas où il s'était jeté. Prévit-il dès cette époque la victoire future de Louis XI, dans la lutte inévitable entre les deux princes rivaux? 11 est permis de le supposer. En tous cas, en 1472, il quitta le service de Charles le Téméraire pour s'attacher à Louis XI, qui fit sa fortune et l'employa, en mainte occasion, dan« les négociations les plus délicates et les affaires les plus importantes. Disgracié sous Charles VIll, et même enfermé, huit mois durant, dans une cage de fer, à Loches, il réussit à se justifier des accusations de ses ennemis et

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