SAINT-GELAIS
Revenu en France vers 1515, il trouva sur le trône un compatriote, le duc de Valois-Angoulême : François ^^ Cette circonstance, jointe aux agréments de sa personne et de son esprit, le fit bien venir de la cour.
Il commença d'écrire sans génie mais non sans à-propos, de petits vers de circonstance, qui furent bien accueillis. Marot, se servant de la faveur de Saint-Gelais, voulut rester son ami, il affectait de le traiter en égal*. Saint-Gelais faisait des vers pour toutes les fêtes, en fournissait aux princes jaloux de passer pour poètes ; redressait, croit-on, ceux de François P"" ; étendait sa complaisance à la prose, et composait des discours pour les cérémonies d'apparat : (( S'il y avoit quelque brave discours a faire, dit André ThevetS son compatriote, soit pour escrire en prose, vers françois ou latins, le tout estoit renvoyé a Sainct Gelays, auquel on avoit recours comme a un Apollon. »
iO* . Les dernières années de Saint-Gelais furent moins heureuses. En 1549 parut, comme on va voir, la Défense et Illustration de la langue française; la Pléiade allait naître. Du Bellay, dans cet écrit, sans nommer Saint-Gelais, l'enveloppait par son silence même dans le mépris commun qu'il faisait de tous les poètes de son temps. Au lendemain du manifeste parurent les Odes de Ronsard. Quel contraste avec la poésie frivole et menue de Saint-Gelais l Celui-ci cependant voulut essayer la lutte. Pendant que Charles Fontaine écrivait le Quintil Horatian, pour venger Marot, et Saint-Gelais lui-même, des attaques de