‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 65 sur 114 · L'éloge est assez mince. Il est du moins mérité · texte numérisé non relu

L'éloge est assez mince. Il est du moins mérité

Philippe Desportes naquit à Chartres en 1546, d'une famille de bonne bourgeoisie; sa sœur, Simonne Desportes, devait, vingt-sept ans plus tard, donner le jour à Mathurin Régnier. Desportes rima dès l'enfance, quoique appliqué à de solides études. Emmené en Italie par l'évêque du Puy, dont il était secrétaire, il y fit connaissance avec la poésie italienne et entreprit d'en transporter toute la fleur en français. Il revint à Paris, et fut secrétaire du ministre d'État, Villeroy; bientôt il s'attacha au duc d'Anjou, qui raffolait de ses vers et il le suivit jusqu'en Pologne, où ce prince venait d'être élu roi. L'horreur de ce rude pays le ramena en France avant son maître. Mais bientôt Charles ÏX mourut (1574) ; le roi de Pologne, son frère, s'enfuit de Varsovie pour venir régner en France. La faveur de Desportes fut alors au comble; il n'avait que vingt-huit ans. Il fut pourvu successivement de quatre abbayes, valant ensemble dix mille écus de rente ; cependant il n'avait pas même reçu les ordres mineurs. Il usa généreusement de sa grande fortune ; ce poète fut aussi un Mécène; il protégea les gens de lettres, et plus d'un

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