‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 117 sur 223 · MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU

& xni. — Les lois par rapport à li liberté. La liberté est garantie par la distinction des trois pouvoirs, dont l'un fait les lois, un autre les applique, et le troisième les exécute. G'estàce propos que Montesquieu décritlaconstitution anglaise, pour laquelle il témoigne une jrande sympathie. Livres xiv à xviii. — Les lois par rapport à la nature du climat et du terrain. Origine de l'esclavage. Livre xix. — Les lois par rapport aux mœurs. Livres xx à xxiii. — Les lois par rapport au commerce, à la monnaie, à la population. Livres xxiv et xxv. — Les lois par rapport à la religion. Livres xxvi à xxxi. — Les derniers livres sont historiques, et contiennent l'histoire du droit de succession chez les Romains et chez les Francs et l'étude des lois féodales.

Sur toutes ces matières, et en dépit d'erreurs de détail, Montesquieu projetait une lumière toute nouvelle. La seule erreur grave que Montesquieu emprunte à son temps est la conception d'un état de nature qui aurait été contemporain d'un état de paix universelle. Le guerre aurait commencé avec la constitution des sociétés.

Mais Montesquieu ne se présente pas comme révolutionnaire : « Si je pouvais faire en sorte que tout le monde eût de nouvelles raisons pour aimer ses devoirs, son prince, sa patrie, ses lois, qu'on pût mieux sentir son bonheur dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque poste où l'on se trouve, je me croirais le plus heureux des mortels. » Aussi sa part est-elle médiocre dans la Révolution, et c'est plus tard, au temps de la monarchie parlementaire, que VEsprit des lois deviendra comme le manuel politique des hommes d'État.

Montesquieu écrivain. — Ce qui manque à Montesquieu, dans tous ses ouvrages, c'est l'art de la composition. Il ne sait pas Her ses idées : il n'a pas un plan fait de leu'ges vues d'ensemble. Il a beaucoup lu, il a pris des notes : U nous les présente sans beaucoup Je suite. Ce trait est caractéristique. Il distingue Montesquieu des écrivainsdu siècle précédent, qui ont, avant tout, le souci de l'ordre et de .l'enchaînement II le distingue des plus

426 LE tVIÎÎ* SiECtE.

illustres jiartïii §ëâ fcbrltertltibhalnë. Voltaire a des iclêe<i d'ëhseiifible, itiaië qui feorli êUiiël-ncieileS; Rou'sèëaua aës viiés ^ênéhalës, mais qili soht TauSéëè Moiilesqblëb, esprit jiisté el Jirofdnd, h'â qu'une ilitëllig:étîCe fragmérilaire.

(jh trouve le ihêtiife carHfclérë dah§ le stVle de MoliteScJuiëii : les phl^asëfe y sont dëoblifiêeS, hàcHëes, Côttlhie Je Sont les bhajjill-feà. C'èSt; feuivîiiit le riitit de Bufîon, Un styië Sadliliaiit. MëntëgqUiëU jîhdcêdë |iar {ibcumUiiilioh de ti-aits égalcrtielli forts, sdité 5 ocbiipër de la pt-oghëssibh. Il y d ëri biitrë, dtths be St^lë, de 1 atTebiliUbH et de là t-ëchérbhe. M'»"» du DëîtâHd atipëlait VÈsprit dé^ tôîs « de l'ëSfîHt Sdt^lëS lbl§ >5, ël Vbittlihë Se dëtiirtildail ^î'il était convenable « de faire le go^Uëridrd dahs uii buvrag-e de jllHspriidénbb ». ËH tliiëlqiië tiiahi6he, Mbritësquieu eét rbâté dans tbutë SbH oèutrë l'àUtëUr dëS Lettres p^H'àn'e^.

N&arltiioins, par 1 éclat, parla lit^&bl^lHh ëlld i)roj)n6tè desterrtiës, le Style de ^loHtësqUicU est d'uH Ir^^nhd écrivain. Ce tlUi ëSt la hbuVeàlitG, c'ëët t\[\b Mbnlesqdlbu appliqué bëS qualités de style S des rtiatièhëS (jlii jllSque- Ih ne IcS cbtti portaient pas. La politique et la jurlsjîhudencG, avant lui, h'avaient dohné llbu qu'ft des trîivfltlT dénidition ou h de socHës flortiencldturbé : ellds ëfitrfetit àiét lui dans la littérature:

Page 1