‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 120 sur 223 · BUFFON · texte numérisé non relu

BUFFON

par les ditlérences intrinsèques de leur nature, mais par leurs rapports avec l'homme. Il y a plus : Bufîon prête aux animaux des sentiments qui sont les noires et qui éveillent chez lui de la sympathie ou de l'antipathie; il a ses préférés. Un pareil point de vue peut être celui du l^oète, il n'est pas celui du savant. Mais ces défauts mômes n'ont pas été inutiles au succès, et ils ont contribué à rendre l'ouvrage plus accessible à la masse du public, sans en infirmer sérieusement la valeur.

Le « Discours sur le style », Buffon écrivain. — BufTon nous a donné la théorie de son style le jour où, reçu à l'Académie française, il remplaça l'éloge de son obscur prédécesseur par des considérations sur le style puisées, non dans la lecture des œuvres de ses nouveaux confrères, mais dans une étude faite sur ses propres procédés. Buffon écarte d'abord l'éloquence proprement dite, et témoigne un dédain qu'il est difficile de ])arlager avec lui pour « cette facilité naturelle de parler accordée à tous ceux dont les passions sont fortes, les organes souples, et l'imagination prompte. Ces hommes sentent vivement, le marquent fortement au dehors et, par une impression purement mécanique, transmettent aux autres leur enthousiasme... C'est le corps qui parle au corps. » Dans le style môme, il critique un défaut dont il trouvait chez ses contemporains de nombreux exemples : c'est « l'emploi de ces pensées fines, de ce& idées légères, déliées, sans consistance, et qui, comme la feuille de métal battu, ne prennent ie l'éclat qu'en perdant la solidité ». Pour lui, il définit le style : « l'ordre et le mouvement qu'on met dans ses pensées », ne désignant d'ailleurs par le mot de « mouvement » que la rapidité qui résulte de l'enchaînemert réguHer des idées. Pour arriver à réaliser cet ordre et ce mouvement, l'écrivain devra, persuadé que tout discours est un, faire 'l'abord son plan, arrêter ses idées, les subordonner, marquer à chacune sa place. C'est seulement après avoiï fait ",e travail qu'il prendra la plume, n'ayant presque plus qu'à repasser sur des lignes dôj;\ indiquées.

Pour apprécier le mérite de la forme chez Buffon, il

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est indispensable de s'attacher a l'ensemble de 1 œuv.re. En eiïet; on lui fait grand tort en jsolani certaine? descriptions, qui semblent autant de morceaux 4'appiirat : 7è Cheval, le Cygne. Préoccupé de t^iire urî" tatfïeaii fidèlç et de sèg-aler à la nature, B'ulTop élève ou abaisse le ton suivant le sujet, et emploie avec la môme souplesse la période large ou la phrase hachée. On a reproché à Bufîon la richesse même et la çpùléur de son style, et' on a répété après Voltaire que cette //«sVo«>ena/*/re/^e n'était « pas si naturelle ». OH^s'il est vrai qu'il y a "ici un ex'c6s d'^éloquence continue et de magnifirence apprêtée, il ne faudrhit jias croire que le souci de l'éclat' du style soit incompatible avec un sujet scientifique. Le géomètVe, qùî construit dans l'abstrait, n'a queraire d'un'sty'ïè coloré ; le naturaliste, au contraire', s'occiipè d'éti^es réels et de choses concrètes. Aussi la vie et le relief dû style soht-ïls chez lui un élément de vérité dé plus. Ce langage dans leaùél oloit s'expliquer l'histoire naturelle, c'estla création de Buirôn

RÉSUMÉ

2Qp. Mont^çquiçi^ (10804755) fgt conseiller ^u parlement de Jiorcjeaux, entreprit des voyages h travei's l'Europe pour préparer le graud ouvrage de Jurisprudence auquel il travailla toute sa vie, et pa§sa la plus grande partie de son temps dans sa retraite studieuse de 1^ Bfècje.

207. hGs « Lettres persanes» (1721) sont un roman licenpieux, une satire sociale et surtout politique^ et annoncent en môme temps 1' « EspriJ; des lois ^

2CiS Les » Considé.r9,tion§ sur \^s causes dç la grandeur et de la décadence des ^pm.^iAs » sont le premier ouvrage où la philosophie de l'histoire est appMquéP sans emprunts faits à la théologie.

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