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I. Voir plui loio, chapitre XXXIII, page

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sur 1g papier. Mais il faut faire un choix. Diderot demande qu'on « lui pardonne une page commune en faveur d'une bonne ligne ». C'est ainsi' qu'il faut sup' primer des ouvrages entiers, dans les meilleurs écarter beaucoup de fatras, j)asser les endroits emphatiques, et ceux où Diderot applique sa théorie de !< préférer toujours l'expression la plus cynique, qui est toujours la plus simple » : il reste à détacher un certain nombre de pages qui sont des plus belles, dans notre littérature, parla rapidité, le mouvement et la couleur.

L' « Encyclopédie ». — L'œuvre principale de Diderot, et à laquelle il consacra la plus grande partie do sa vie, est V Encyclopédie. L'étendue de ses connaissances, la curiosité de son esprit, sa facilité à disserter sur toutes les matières le disposaient à entreprendre ce travail : il en conçut la première idée en traduisant pour un libraire la Cyclopœdia de i Anglais Chambers. C'est un des traits du xviii* siècle que la manie des dictionnaires.

Il s'agissait de résumer toutes les connaissances auxquelles on était arrivé vers le milieu du siècle sur les questions de science, d'art, de littérature, de philosophie et de politique.

L'ouvrage, est-il dit dans le Discours préliminaire, a deux objets : comme Encyclopédie, il doit exposer autant qu'il est possible l'ordre et l'enchaînement des connaissances humaines ; comme Dictionnaire raisonné des scftenctts, des arts et des métiers, il doit contenir sur chaque science et sur chaque art, soit libéral, soit mécanique, lei principes généraux qui en sont la base, et les détails essentiels qui eu font le corps et la substance.

11 s'agissait encore d'animer d'un môme esprit toute cette masse, et de faire concourir vers un même but tous ces articles dus à des plumes différentes. Diderot est-il arrivé à réaliser complètement son dessein? Non certes. « Votre ouvrage est une Babel, lui écrivait Voltaire ; le bon, le mauvais, le vrai, le faux, le sérieux, le léger, tout est confondu. Il y a des articles que l'or dirait rédigés par un fat qui court les boudoirs, d'autres çsLV des cuistres de sacristie : on passe des plus coura-»

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geuses hardiesses aux plalitades les plus écœurantes. » Et, de son côté, d'Alembert : « Vous avez bien raison de dire qu'on a employé trop de manœuvres à cet ouvrage... C'est un habit d" Arlequin où il y a quelques norceaux de bonne étoile et trop de haillons. » Quoi qu'il en soit de ces bigarrures inévitables, on peut dire (ju'un même courant circule dans l'œuvre entière; en philosophie, les Encyclopédistes tendent à ruiner Desc.artes au profit de Locke, en politique le principe des institutions établies, en relig-ion l'autorité du dog'me. \J Encyclopédie est une œuvre de destruction, La méthode employée est d'ailleurs celle que nous avons déjà mise en lumière, à propos du Dictionnaire de Bayle : c'est une méthode détournée et fuyante, qui consiste à soulever les questions sans les résoudre et se contente d'avoir fait naître le doute : on témoig-ne d'un respect apparent pour les opinions reçues, mais on en expose faiblement les preuves, on développe avec force les objections, on renvoie à d'autres articles qui en contiennent la négation.

Quoi qu'il en soit, l'Encyclopédie, où l'on retrouve toutes les opinions diki siècle et où dominent surtout, avec celles de Bayle, les théories anglaises, fut le point de ralliement des « philosophes » et, agissant sur l'opinion, arriva, comme le voulait Dider ot, à « changer la façon commune de penser ». Les ministres réformateurs, comme Turgot, plus tard les révolutionnaires sont nourris de l'Encyclopédie et y puisent souvent des idées heureuses : à côté de la critique de la société et des croyances de f ancien régime, l'Encyclopédie contenait des parties vraiemcnt pratiques. A un autre point de vue, ce vaste monument de la science et de la « philosophie » du xvni® siècle fut le point de départ des nombreux dictionnaires encyclopédiques actuels.

Les Encyclopédistes. — C'est Diderot qui a pris la part la plus active au travail de V Encyclopédie : il a composé de nombreux articles, en particulier ceux qui avaient trait à la philosophie ancienne et aux arts mécaniques, dont il avait fait une étude spéciale, revu

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lous les aulres, supporté toutes les difficultés de la publifat'onV Au nombre de ses collaborateurs, le plus raportant comme théoricien est d'Alembert (1717-1783), auteur du Discours préliminaire, et qui est l'exposé des doctrines philosophiques de l'Encyclopédie : après avoir étabh 'i l'arbre généalogique » des connaissances humaines, c'est-à-dire l'hisloire de leur formation, d'Alembert fait un exposé du mouvement intellectuel depuis la Renaissance. Cet ouvrage, le moins mal écrit de d'Alembert eut un succès considérable et hors de proportion avec sa valeur : Voltaire n'allait-il pas jusqu'à le mettre au-dessus du Discours sur la Méthode i

D'Alembert en sa qualité de mathématicien ne s'occupe guère dans l'Encyclopédie que des sciences exactes; c'est d'ailleurs un écrivain médiocre. Dans ses Éléments de philosophie et dans ses Éloges des membres de l'Académie française, le défaut principal de son style est la sécheresse.

Il faut citer ensuite Condillac (1714-1780), le principal représentant de la théorie sensualiste au xviii' siècle; le fermier général Helvétius (1715-1771), auteur du livre De l'esprit, qui fit scandale par l'audace avec laquelle le matérialisme y était professé; l'Allemand d'Holbach (1723- 1789), auleur du lourd traité sur le Système de la nature.

Daubenton prêta son concours pour l'histoire naturelle, Marmontel pour les sujets littéraires; Voltaire, Buffon, Montesquieu envoyèrent des articles; Rousseav\ lui-même se chargea de la musique pendant dix ans. C'est par là que l'œuvre estintéressante : œuvre collective, elle résume les tendances d'une époque.

RÉSUMÉ

222. L' « Encyclopédie » (1751-1772) est lerésumé des connaissances du XVIIP siècle sur les sciences, les

1. Loj deux premiers volumes de VEncyclopMie pnrurcnl en 1751. Pluai^urs foi» inspcndue par ''ordre du gouvcrnrmcnl, la publicatiou no fut terminée qu'ec 176S. L'ouvri^'e contient Tinct-hml volumes in-folio I

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