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LA POÉSIE LYPTQUE. 27

Quant vois borse desgarnie,, Ma faîne ne me rit mie...

Quant je vieng îi mon esté. Et ma famé a regardé Derrier moi le sac enflé, Et ge qui suis bien paré De robe grise,

Sachiez qu'ele a tost jus ' mise La quenoille sans faintise.

Ele me rit par franchise, Ses deux bras ou col me lie.

Mes garçons, va abevrer Mon cheval et conreer 2 ; Ma pucèle va tuer Deux chapons par déporter A sauce aillie'.

Ma fille m'aporte un pigne En sa main par cortoisie ; Lors sui de mon ostel sire, Plus que nus ne poroit dire.

La poésie lyrique du Midi. — Elle ne reîève pas, h. proprement parler, de la littérature française, puisqu'elle était composée en langue d'oc. Néanmoins l'importance qu'elle eut au moyen âg-e nous oblige à en parler.

Le Midi riche et fertile garda plus longtemps que ie Nord la civilisation romaine ; il eut moins à souffrir des invasions et quelques-unes de celles qui le touchèrent, comme celle des Arabes, eurent sur lui une influence heureuse. Par suite il garda une civilisation brillante, favorisée par de nombreux seigneurs indépendants du reste de la France; sa langue se développa rapidement et il eut dès lexi° siècle de nombreux poètes, les troubadours. Le mouvement littéraire gagna la noblesse et eut pour centre certaines cours, telles que celles d'Éléonore d'Aquitaine, d'Adélaïde de Toulouse où chevaliers el dames rivalisaient de galanterie dans les propos du gai savoir.

Le principal thème de cette poésie est naturatiement l'amour, amour idéalisé et quintessencié. Sur ce fond

t. A terre. — 2. Soigner. — 3. A la siuce à l'ail.

commun Ton brodait des variations d'une extrême richesse ; la forme, de plus en ])lus compliquée, donnait naissance à de multiples combinaisons de rythmes. La poésie méridionale est essentiellement une poésie personnelle ; souvent elle est satirique et politique.

Les genres les plus employés sont : la pastourelle ou scène champêtre qui parait, à l'origine, purement méridionale; les canzones ou chansons divisées en strophes et terminées par un couplet, portant le nom dl'envoi; le tenson, discussion sur des sujets de poésie, de politique ou d'amour ; la ballade ou chanson accompagnée de danse ; le sirvente, satire violente des mœurs du temps. Les plus illustres poètes lyriques du Midi furent : Richard Cœur de Lion, Raymond, comte de Toulouse, Bernard de Ventadour, Guillaume de Poitiers, duc d'Aquitaine, et surtout Bertrand de Born, dont on a gardé quelques sirventes dont l'un passe pour le chef-d'œuvre de la poésie méridionale. Malheureusement, à part ce dernier genre, les chansons du Midi, intraduisibles dans notre langue, ont peu de valeur pour nous : la préciosité» de la forme n'y a d'égale que la recherche de rythmes que nous ne pouvons saisir. Cependant Tinfluence de nos troubadours se fit sentir, en Italie surtout, en Espagne, et jusque chez les Minnesinger d'Allemagne.

Avec la guerre des Albigeois, que chantera encore uii célèbre sirvenie de Guillaume de Figueras, finit la civilisation particulière du Midi. Charles d'Anjou et Alphonse de Poitiers y introduisirent et la langue d'oïl et les habitudes du Nord. Quand deux siècles plus tard, Clémence Jsauve institua à Toulouse \esjeux Floraux, il n'y avait plus guère de poètes en langue d'oc et celte institution dut s'ouvrir à tous les poètes, quels qu'ils fussent. C'est seulement en notre siècle que les Provençaux ont tenté de rendre à leur langue une vie littéraire avec Mistral ^t Roumanille-

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10. Il s'est développé dans la France du Nord une poésie lyrique originale.

11. L'influence des troubadours ne se fait sentir qu'à !a fin du xii° siècle.

12. Cette poésie, cultivée surtout par les chevaliers, est presque exclusivement amoureuse. Son principal mérite est dans le travail de la forme et dans la variété savante des rytlimes.

13. Les principaux g-enres lyriques sont: la romance, la pastourelle, la retroenge, la ballette, le serventois, le motet, le lai, le jeu parti.

14. Les principaux poètes lyriques sont : Conon de iBéthune, Renaud, châtelain de Goucy, Blondel de Nesles, Gace Brûlé, Colin Muset, et surtout Thibaut de Champagne.

15. La poésie lyrique du Midi, favorisée par v.rie ! civilisation plus avancée, est plus personnelle et d'une forme plus achevée que celle du Nord. Ses principaux

'g-enres sont : la pastourelle, la canzone, le sirvente. 'Son principal représentant Gst Bertrand de Born.

LECTURES RECOMMANDÉES

1 Gaston Paris, les Oriuines de la poésie lyrique en France (1892). Paulin Paris, Histoire littéraire de la France, tome XXlIi. — < A. Jeanroy, les Ori'jines de la poésie lyrique en France. — Clé- I liât, la Poésie lyrique en France au moyen dye. — L. Lcvrault ' la Poésie lyrique (les genres littéraires).

TEXTES A .CONSULTER

liecneil de chants îdstoriques frança/îs tLe.oux de Lincy;. —

I ?^ Romancero français (Paulin Paris). — Chansons de Conon de

i rniiune (Wallenskôld). — Chansons de Thibaut l '^ (Tarbé). —

C/i'^insrois de IHoiulel de Sesles (Tarbé^ — Chansonniers de Chain»

pyne aux xu« el xni« siècles (Tarbé\ — Choix de poésies origïe^

mies des Troubadours /lUaynouardX

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