II. — BERNARDIN DE S AlNT-PIERRb
C'est en Bernai^din de Saint-Pierre que Rousseau trouva son meil'eur disciple. Celui-ci était né au Havre en 1737. Esprit aventureux et indiscipliné, il tenta de plusieurs carrières, passa à fi'étranger, servit comme ingénieur en Russie, songea à élever une cité modèle sur les bords du lac d'Aral, et pius tard séjourna trois ans dans l'île de France. C'est au '^etour de ce dernier voyage qu'il vint se fixer à Pans et entra en relations avec Rousseau, qu'il accompagnait dans ses promenades et dans oes rêveries sur la nature.
Les « Études de la nature ». — Les Éludes de la
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nature, publiées en 1784, lo rendirent aussitôt célèbre î il y «.vait peu de science dans ce livre, mais en revanche beaucoup d'imag-înation. C'est par l^ëclat des descriptions que les Études séduisirent les contemporains, et qu'elles firent faire un progrès à la langue. Bernardin a beaucoup servi à Chateaubriand.
« Paul et Virginie », — En 1787 parut le roman de Paul et Virginie : c'est le chef-d'œuvre de Bernardin, l'un des chefs-d'œuvre de l'idylle. Le livre venait bien à sa date : on était aux bergeries et h la sensiblerie; et fidèle aux théories du xvm" siècle, c'était dans un pay lointain, où n'avait pu pénétrer'la civilisation, que Ber^ nardin cherchait le cadre qui convenait à cette vertueuse histoire. Mais ce qui fait le charme durable de ce roman, c'en est la simplicité : l'analyse de l'amour qui naît che? deux enfants, c'est là tout le sujet.
Bernardin de Saint-Pierre a le double mérite d'avoir doté la littérature d'un chef-d'œuvre, et d'avoir aidé l'influence de Rousseau à se propager à travers ses propres livÀ'es.
RÉSUME
223. Jean-Jacques Boisseau (1712-1778) s'est dépeint lui-même dans ses « Confessions ». 11 y avoue avec cynisme les faiblesses et les hontes de sa vie, s'y montre doué d'une sensibilité maladive qui Icurnera à l'hypocondrie,
227. Dès ses premiers ouvrages : « Discourii sur les sciences et les artb », « Di&coiik'b sur l'inégalité des conditions », il prend parti contie la société et la civilisation et prêche le retour vers un chimérique état de nature.
228. Dans V « Emile » (1762), il expose ses Idées sur l'éducation, qui doit se borner à laisser un libre