LE ROMAN. LE DRAMR. LA POÉSIE LYRIQUE
lui-même ce qui fait la valeur réelle de son livre D'abord, les observations sur la société de son temps : GiJ Blas, lour à tv.-.r valet, médecin, secrétaire d'un évêque, passe par toutes les fortunes; c'est pour Lesage une occasion de peindre toutes les conditions. 11 y nota '^ussi bien certains traits de Thumanité de tous les temps : c'est par là que le livre de Lesage a pu trouver à l'étranger le même accueil qu'en France. 11 ne faut pas aller chercher dans le Gil Blas une morale fort scrupuleuse ; notre héros est un aventurier de la race des valets : mais il est d'un temps qui a vu d'anciens laquais devenir premiers ministres. « Le corps des laquais est plus respectable en France qu'ailleurs, écrit l'auteur des Lettres persanes ; c'est un sémmaire de grands seigneurs. » Lesage est le dernier des classiques : il l'est surtout par la qualité de son style, simple, naturel, et auquel il ne manque qu'un peu plus d'aisance.
Avec les romans de Marivaux : Marianne (1731-1741X le Paysan parvenu (1735-1736), nous voyons entrer dans i'e roman la peinture des gens de condition moyenne : les bourgeois, dont la vie inspire à Marivaux des tableaux qui font songer aux « intérieurs » de Chardin ; le peuple, dont les mœurs sont étudiées pour la première fois. Il y a des « scènes de la rue » dans la Vie de Marianne. Marivaux est encore le premier qui, dans son théâtre, ait fait entrer l'étude exacte de l'amour.
Mais à ce point de vue, le véritable initiateur a été l'abbé Prévost dans Manon Lescaut (1733), roman des amours d'une courtisane et d'un chevalier d'industrie, Des Grieux. Ce roman, dans lequel nous voyons aujourd'hui un chef-d'œuvre, à cause de l'intensité du sentiment et de l'aisance de la forme, passa cependant presque inaperçu. C'est en traduisant Richardson [Paméla; Clarisse I/arlowe; Grandisson) que Prévost exerça une véritable influence sur son temps.
A sa suite, Jean-Jacques Rousseau, dans la Nouvelle Héloïse (1760), est le premier qui ait su faire parlera l'amour, considéré comme une passion, un langage éloqiienr. O'o«t ainsi que se constituait peu à pou •<» rom/tn
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qui, sous ses deux formes de roman de mœurs et de roman o amour, était destiné à devenir dans notre siècle ïunp des branches les plus importantes de la littérature. j) ne subsiste plus aucun des romans pastoraux de Fforian, et ce sont moins ses Contes et ses Nouvelles qui l'ont sauvé de l'oubli que ses Fables (1792) qu'on lit encore, môme après celles de la Fontaine.