LE THÉÂTRE ! LA COMÉDIE DE M(EURS
l'agencement des scènes, dans les allées et venues des personnages et dans l'ingénieuse façon dont une intrigua est fimenée à un dénouement attendu, souhaita 01» redouté. L'habiieté à bien mener une intrigue, élémerj| ' dont s'étaient passés les auteurs de comédies du XVII' siècle, sera pour ceux du xix,« une importante partie de l'art, Sous toutes les comédies d'Augier ou de Dumas court un vaudeville de Scribe. D'autre part les . pièces de Scribe se déroulent toutes dans un même cadre do société qui est celui de la bourgeoisie aisée.
Acesélérrents venus du théâtre, s'en ajoutent d'autres qui viennent du roman. Le roman avait déjà mené à bien cette peinture des mœurs où le théâtre allait s'essayer. La comédie de mœurs mêle les procédés de mise en scène de Scrjbe aux procédés d'observation de Balzac.
Système dramatique. — La comédie de mœurs a pour objet, suivant le mot d'Alexandre Dumas, de ( t'indre « l'homme social », c'est-à-dire de montrer les
formations produites dans le caractère par l'état des mœurs. Tout devra donc être combiné de façon à présenter dans un relief saisissant et dans une image grossie, un vice social, Les faits seront choisis à dessein et les circonstances arrangées en vue de l'ellet à produire. L'individu sera grandi jusqu'aux proportions î'un type. Le dialogue lui-même devra être conduit de ujon que chacune des répliques fasse saillir la pensée de l'auteur. Telle est la comédie de mœurs ou comédie d'ob-
rvation. Mais on ne peut se résigner à montrer touj(»ursles vices de l'organisation sociale, sans être amené
I souhaiter qu'ils soient réparés. Pourquoi dénoncer le mal si ce n est afin de pré[)arer le mieux ? Les travers de
II nature humaine sont éternels, mais l'état des mœurs l par essence variable et changeant, et doit pouvoir
Clrt. amélioré. C'est ainsi que la comédie d'observ; ion «iichcmine vers la piâcc à thèse.
Les sujets. L'influence. ^ Avec ce système, las auteurs dramatiques de la seconde moitié de ce siècl-^ ont fuit de la société de leur temps un tableau le plus
souvent fidèle. Si, plus tard, on veut savoir quelle a ét^ pendant trente années la façon de vivre en i^>anc( dans une partie de la société et quel courant d'opinion s'est formé sur quelques-uns des plus graves problèmes sociaux, c'est chez les écrivains de théâtre autant que chez les romanciers qu'on ira se renseigner. Dans une société égalitaire, les classes en arrivent lorcément à se mêler ; mais, aristocratie et bourgeoisie conservent néanmoins certains traits de caractère, produits d'une longue habitude, et certains préjugés invétérés. De là un premier cycle de comédies consacrées aux rapports des classes entre elles et à leur imparfaite fusion. La révolution économique et industrielle ayant été le plus grand fait du siècle, fail sans précédents, la question d'argent y a pris une importance toute nouvelle et au point de primer toutes les autres. C'est pourquoi la question d'argent fait l'unique sujet de plusieurs comédies; et on n'en cite guère d'où elle soit complètement absente. Après les questions sociales et même politiques voici venir les questions qui intéressent plus particulièrement la famille : mariage, divorce, rapports des enfants et des parents, etc. Faisant de toutes ces questions son sujet même, la comédie a d'abord décrit les mœurs, et elle a en outre contribué à les modifier; elle n's pas seulement reflété l'opinion, mais elle l'a réformée. Son influence a été grande; elle s'est môme traduite de façon matérielle en amenant certains changements dans la législation.