‹ Histoire de la littérature françaiseChapitre 32 sur 223 · I. LES THEORIES · texte numérisé non relu

I. LES THEORIES

Lci réforme, ébauchée par Maurice Scève et les poêles ide Lyon, va être hardiment menée par une école jeune |et enthousiaste. Ronsard sera le chef de cette Pléiade*. I Du Bellay en est le porte-parole : c'est lui qui, en 1549, 'rédige le programme de la poétique nouvelle. I La « Deffence et Illustration de la langue franiçaise ». — Dans ce bruyant manifeste, /)m Bellay prend jla défense de notre langue contre ceux qui en contrarient les progrès QiV illustration. Ces mauvais Français sont de deux sortes. Ce sont d'abord les poètes ignorants et courtisans qui laissent la langue s'appauvrir chaque jour. Ce sont ensuite les érudits « qui déprisent iet rejettent d'un sourcil plus q,ue stoïque toutes choses

'. Le groupe de sept poètes appelé d'abord li. brigade, puis la Pléiade, esi compati de Ronsard, du Bellay, Baïf, Belleau. Jodelle, Poutus de Thyard et Daurat.

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écrites en français » et préfèrent écrire en latin. Notre langue n'est pas assez « copieuse et riche » : c'est une raison, non pour la déserter, mais pour travailler à l'enrichir.

Il faut rompre résolument avec le passé; ces novateurs se posent en révolutionnaires. Du Bellay supprime d'un trait toute notre ancienne poésie : « Laissez toutes ces vieilles poésies françaises aux jeux floraux de Toulouse et au puy de Rouen, comme rondeaux, ballades, virelais, chants royaux, chansons, et autres telles épisseries... » A la place laissée libre on installera les genres renouvelés de l'antique : épigrammes, élégies, ode, satire, églogue, tragédie et comédie, le sonnet, <i docte et plaisante invention italienne », surtout le poémc épique.

Pour remplir ces larges cadres c'est encore aux an« ciens qu'il faut demander une inspiration dont les modernes ne se sont pas montrés capables : on devra s'approprier les résultats des littératures latine et grecque. Imiter, tel est le procédé que du Bellay ne cesse de recommander. « La plus grande part de l'artifice est contenue en l'immitalion. » Cette imitation ne sera d'ailleurs ni superficielle ni servile. Il faut choisir les meilleurs auteurs, « se transformer en eux, les dévorer, et, après les avoir bien digérés, les convertir en sang et nourriture ».

Ce renouvellement des genres et de l'inspiralion en appelle un analogue pour la forme. Le poète ne craindra pas « d'inventer, adapter et composer à l'imitalioji des Grecs quelques mots françois. Il reprendra dans la vieille langue des mots qu'on a le tort de laisser perdre [anui/ffr, asséner, isupl*), et il les enchâssera dans son œuvre, ainsi qu'une pierre précieuse et rare ». il créera des tournures nouvelles : l'infinitif pour le nom [Valler, le chanter, le vwre), l'adjectif substantivô (le liquide des eaux, le vide uu i c».ij, i aujccut pour l'adverbe : (ils combattenl obstinés, il vole lége?'). Il donnera plus de pi "

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