LES ORIGINES
La Gaule : la populalion. — Les Celtes. — Les Romains. — Les Francs.— La langue : le roman. — Les plus anciens textes : les ^serments de Strasbourg. — Le vocabulaire. Formation populaire — Formation savante : les doublets. — La syntaxe. — Langue d'oïl et langue d'oc. Les dialectes *. le français.
La Gaule : la population. — La Gaule a été habitée par des peuples d'orig-ines difîérentes. Une part revient à chacun d'eux dans la formation des idées et de la langue françaises.
La Gaule, au temps de César, est divisée en trois parties : entre les Pyrénées et la Garonne habitent les Aquitains; entre la Garonne et la Seine, les Gaulois; entre la .S'^ine et l'Escaut, les Belges.
/L^s Aquitains se distinguent des autres habitants de la 'Gaule aussi bien par le type de leur race que par leur 'langue : ils parlent Tibérien qui n'a laissé aucune trace dans le français et n'est plus représenté aujourd'hui que g)ar le basque.
Les Gaulois et les Belges ont entre eux des rapports ■intimes : ce sont des peuples d'origine celtique dont les «econds sont mêlés de Germains.
DouMic. — Litt. fr. 1
t LES ORIGINES.
Les Celtes. — Les Ceites avaient une civilisation déjà développée : à la tête de l'org-anisation sociale, larisloçratie des g-uerriers et la caste des druides. Ces d^l niers, dont l'enseig-nement reposait sur la doctrine d'une' vie future, avaient une poésie scientifique et relig-ieuse; mais, afin que cette poésie ne tombât pas aux mains du vulg-aire, il était défendu d'en rien écrire; aussi est-elle perdue pour nous, ainsi que la poésie des bardes qui vivaient auprès des chefs guerriers et chantaient leurs exploits.
Sous la domination romaine, les Celtes perdirent très vite leurs usages et oublièrent leur langue. L'influence celtique sur le français est à peu près nulle. Le vocabulaire de notre langue n'en a conservé qu'un petit nombre de mots et la grammaire quelques tours de langage.
Les Romains. — Maîtres de la Gaule, les Romains lui imposèrent leur langue, leur administration, leur religion. La Gaule ainsi transformée n'est plus qu'une partie du monde romain, de la Romanie.
La littérature classique transplantée en Gaule y jeta un suprême éclat: les derniers poètes latins, Auson Rutilius, sont des Gaulois. Sans doute cette littérature d'école ne pénètre pas dans le peuple, qui ne la comprend pas. Elle nous importe cependant à un point de vue. En effet, môme après la formation d'une langue nouvelle, le latin plus ou moins classique restera la langue des magistrats et du clergé. Cette dualité de langue est un fait capital. Tout ce qui pense et écrit, pense et écrit en latin. Cotte persistance du latin a pour effet d'entraver le développement de la langue vulgaire et de retarder le moment où celle-ci deviendra une langue littéraire.
A côté du latin classique que nous trouvons dans 1 œuvres littéraires, il existait à Rome même, au temps des Cicéron et des Virgile, une autre langue, seule parlée par le peuple '. C'est ce latin populaire qui a été
i. il exisUit aussi à Rome une «arsiricalioo populaire foudôe, non sur la quanttté des »][llabM, mais sur Vacoent, C'est de là que Tiendra notre système de TorsifiratioD
Iruiiçaise.
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répandu dans la Gaule i)ar les soldais, les marchands, les colons; c'est lui qui a remplacé le celtique.
Les Francs. — Les Francs avec Glovis battent le dernier général romain, et dominent la majeure partie de la Gaule. Or, c'est une loi, que lorsque deux peuples sont en présence, le plus civilisé, lût-il vaincu, impose à l'autre sa civilisation. Les Francs adoptent les mœurs et la langue du pays conquis.
Néanmoins les Francs feront entrer dans la langue française un certain nombre de mots d'origine germanique. Ils mettront leur empreinte sur notre épopée, aristocratique et guerrière Entin c'est à leur influence que nous devons l'éveil du sentiment national, La Gaule sous l'administration romaine n'a pas conscience d'elle-même : du jour où les Francs s'unissent à elle et se convertissent à sa religion, elle devient un corps compact, une nation.
La langue : le roman. — Le bas latin, comme nous l'avons dit plus haut, est, depuis la conquête, la principale langue parlée en Gaule par le peuple. Une devait pas tarder à s'altérer et à subir des modifications déterminées par le climat, la race, la tournure d'esprit de la population qui venait de l'adopter. De là une langue nouvelle qu'on désigne sous le nom de roman.
Le roman n'est pas seulement une langue issue du latin. Il faut dire plus Le roman est du latin qui, transporté en Gaule, y continue à vivre en se modifiant, comme les autres langues romanes^ qui deviendront l'italien, l'espagnol, le portugais.
Les plus anciens textes : les serments de Strasbourg. — ■ L'existence de la langue romane est attestée dès le vu* siècle. Au viii" siècle les glossaires de Gasselet de,Reichenau contiennent la traduction en roman de mots latins et germaniques. Enfin en 842 les soldats de Charles le Chauve et de Louis le Germanique prêtent en langue romane \qs serments ô\ls de Strasbourg. En voicile texte: