‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 4 sur 98 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

de la narration suivie. Double progrès au bout duquel apparaissent les deux grands prosateurs ioniens, l'historien épique et le médecin philosophe, Hérodote et Hippocrate.

Athènes succède à l'Ionie dans l'empire de l'intelligence. Dès le vie siècle avant notre ère, elle inventait la poésie dramatique; le théâtre , après quelques années d'essais, produit successivement Eschyle, Sophocle , Euripide , Aristophane. La prose attique s'élève à la majesté de l'histoire; la tribune du Pnyx ne se contente plus des paroles volantes, pour me servir de l'antique épithète : les orateurs politiques écrivent les discours qu'ils ont prononcés ; l'école de Socrate et les sophistes eux-mêmes font servir la langue humaine à l'analyse d3s nuances infinies de la pensée. Ici , les grands noms se pressent; mais entre tous rayonnent quelques noms, presque aussi grands, aussi glorieux que ceux même d'Homère, de Pindare ou des tragiques: Thucydide , Xénophon, Platon, Aristote, Eschine, Démosthène. La décadence se fait trop tôt sentir; mais la moyenne comédie et la nouvelle suspendent, un siècle durant, la ruine définitive du théâtre : Àntiphane et Alexis, surtout Ménandre et Philémon, ne sont pas indignes d'Aristophane et de ses émules. Us rachètent, parla vérité des peintures et par l'intérêt dramatique, ce qui leur manque de verve sarcastique et de passion. Dans le temps même où Athènes disparaît du monde politique et de la littérature, on entend siffler le fouet satirique de Timon le sillographe et retentir les sublimes accents de Cléanthe.

Alexandrie, sous les Ptolémées, aspire à se faire proclamer l'héritière d'Athènes, et les contemporains la saluent de ce titre, que n'ont point ratifié les siècles. La Sicile, plus heureuse, ajoute le nom de Théocrite à ceux des grands poètes. Enfin les Romains sont les maîtres dans la Grèce.

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