‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 5 sur 98 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

La puissante fécondité de l'esprit grec sommeille , mais non pas sans se réveiller par intervalles. C'est dans cette période, néfaste à tant d'égards, qu'écrivirent et Polybe, l'historien philosophe, et les deux admirables moralistes, Panétius et Posidonius. Mais bientôt on n'entend plus que la voix des sophistes et des faux orateurs, que les chants discordants des faux poètes. Le siècle des Antonins assiste à larésurrection littéraire d'un peuple que tous croyaient mort à jamais. Plutarque écrit les vies des grands hommes, et laisse des chefs-d'œuvre en d'autres genres encore. Les stoïciens nouveaux sont dignes des maîtres du Portique. Lucien rivalise de génie, d'esprit et de style avec les plus parfaits prosateurs de l'ancienne Athènes. La poésie n'élève pas bien haut ses ailes ; pourtant Oppien et Babrius sont mieux que d'habiles versificateurs. Alexandrie trouve enfin sa voie, qu'elle avait longtemps cherchée en vain: Plotin, Longin, Porphyre font admirer à l'univers de hautes et profondes doctrines et des talents supérieurs. L'école d'Athènes, fille et héritière de l'école d'Alexandrie , a aussi ses écrivains. Après Thémistius, après Julien, elle n'est point encore épuisée: son dernier effort fut sublime; et un homme naquit, jusque dans le ve siècle, en qui revivait à la foia et quelque chose de Platon et quelque chose d'Homère, ce Proclus, le dernier des Grecs, un grand prosateur et un grand poète.

L'ordre que j'ai suivi dans le livre est celui-là même que je viens de suivre dans ce sommaire. C'est, à peu de chose près, l'ordre chronologique, sauf les anticipations que commandent quelquefois les rapports naturels de filiation et de conséquences. Je n'ai pas songé un seul instant à couper les chapitres, comme font quelques- uns, à l'aide de la nomen-

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