SOCRATE
admises généralement comme évidentes , mais à condition de les dégager insensiblement de tout impur alliage et d'amener les auditeurs à ce qui est essentiellement vrai , bon et ju$t£, « J)ans toute discussion, il procédait, ditXéno-* phon1, parles principes le plus généralement avoués, per-
que c'était une méthode infaillible. Aussi n'ai-je copnu personne qui sût mieux amener ses auditeurs à re* connaître les vérités qu'il voulait leur démontrer. C'est , disait-il , parce qu'Ulysse savait déduire ses preuves des idées reçues par ceux qui Téeoutaient , qu'Homère a dit de lui qu'il était un orateur sûr de sa cause. » Platon a trop mêlé ses propres conceptions aux idées qu'il avait reçues de son maître, pour qu'on puisse distinguer avec certitude tout <$
3u'H y a de vraiment socratique dans ses dialogues, même ans les plus socratiques. On sent toutefois assez souvent que ce que dit le Socrate du dialogue, Socrate vivant nonseulement & pu, mais a dû te dire, Ainsi, c'est bien Socrate qui a dû dinj ces paroles que Platon lui fait prononcer dans le Gorgias ; « Le bon orateur, celui qui se conduit selon les règles de l'art, visera toujours à ce but, la justice , et dans les discours qu'il adressera aux âmes, et dans toutes ses action* ; et, soit qu'il accorde, soit qu'il enlève quelque chose au peuple, il l'accordera ou il l'enlèvera par le môm* motif, son esprit étant sans cesse occupé de faire naître la justice dans Unie des citoyens et d'en bannir l'injustice; d'y faire germer la tempérance et d'en écarter l'intempé* nnce; d'y introduire enfin toutes les vertus et d'en exclure tous les vices. »
l homme qui avait démasqué les sophistes; l'homme qui avait consacré sa vie à la recherche et à l'enseignement de la vérité; l'homme qqi croyait que l'art n'est rien sans le beau, ni l'éloquence san6 le juste, méritait mille fois de boire la ciguë; et il la but. Un poçte tragique sans talent, un richard méchant oh fanatique et un démagogue éhonté s'associèrent pour laocuaation. Socrate fut condamné: mais Mélétus, Anyto* §t tycoo ne tuèrent pas les idées de Socrate,
<• Wiophoa, Mémoire* <U Sôtrcàê, \brf IV, chapitre *i.