‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 80 sur 98 · AUTRES ÉCRIVAINS DU TROISIÈME SIÈCLE AV. J. C · texte numérisé non relu

AUTRES ÉCRIVAINS DU TROISIÈME SIÈCLE AV. J. C

et malgré certains passages qui ne sont pas sans éclat. Comment, en effet, un poëte, même mieux doué qu' Aratus, eût-il pu captiver le lecteur, en s'interdisant tout mouvement, toute variété, en s'abstenant de peindre l'homme, de le faire parler, ou d'exprimer tout au moins des sentiments qui répondissent, dans notre cœur, à ces fibres par quoi nousmêmes nous nous sentons hommes? Aràtus n'a donc fait, peu s'en faut, qu'un manuel scientifique versifié, et non pas

{proprement une épopée didactique, un poëme qui rappelle es Œuvres et Jours. Il paraît que les Phénomènes étaient le plus estimé de tous les ouvrages composés par Aratus, soit en prose, soit en vers. Aratus était né dans les premières années du 111e siècle, à Soli en Cilicie; et il passa de longues années à la cour d'Antigone-Gonatas , roi de Macédoine.

Euphorion de Chalet*.

Euphorion de Chalcis, qui fut bibliothécaire d'Antiochus le Grand, était un érudit et un poëte. Quintilien se contente, à son sujet, de remarquer que Virgile faisait cas de ses ouvrages, puisqu'il parle, dans tes Bucoliques , de chants que luimême composait à la manière du poëte de Chalcis. Mais le rhéteur latin s'est privé de lire les vers d'Euphorion. Cette lecture n'était pas chose très-facile. L'espèce d'épopée où Euphorion avait raconté les traditions de l'Attique ancienne partageait, avec YAlexandra de Lycophron, l'honneur d'être impénétrable au vulgaire, et obscure même pour de consommés mythologues. Il est probable que ce n'est point là ce qui valait à Euphorion l'estime de Virgile, et qu'il y avait, parmi ses poëmes de diverse sorte, des productions un peu moins savantes et un peu plus humaines ; mais il est douteux qu'un poëte épique aussi détestable que l'auteur des Mélanges (c'était le titre de l'épopée d'Euphorion) ait été autre chose, dans aucun genre, qu'un auteur fort peu digne d'être imité.

Herméslanax, etc.

Il reste d'Hermésianax de Colophon un fragment d'élégie amoureuse qui n'est pas sans quelque valeur poétique. C'est une revue spirituelle et piquante de tous les poètes et de tous les sages fameux, depuis Homère jusqu'à Philétas, qui s'étaient laissé subjuguer par l'amour.

Tels sont, avec le Chaldéen Bérose, qui avait écrit en grec une histoire de son pays d'après les monuments authentiques,

les seuls noms un peu connus que fournisse le catalogue littéraire de ce siècle , en dehors ae ceux qui appartiennent à l'Attîque, à l'Egypte et à la Sicile. J'en ai passé sous silence un grand nombre ; et je ne crois pas qu'on me saura mauvais gré de n'avoir rien dit, par exemple, de prétendus poètes qui avaient imaginé des acrostiches plus ou moins extraordinaires, ou qui arrangeaient la longueur respective des vers d'un poëme de telle façon que l'ensemble présentât la forme de quelque objet, d'un œuf, d'une hache, d'un autel, d'une paire d'ailes, d'une flûte de Pan, etc. Ces sottises métriques n'ont rien de commun avec la poésie.

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