‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 10 sur 605 · SPEUSIPPE · texte numérisé non relu

SPEUSIPPE

dans le caractère, dit-on, un mélange d'ardeur et de mollesse, des élans suivis d'abandon, que Platon dut lui apprendre à gouverner. Il fut Télève d'Isocrate, dont il rédigea certains enseignements. Puis il se tourna vers la philosophie. En 347, il succéda à Platon dans la direction de l'école. Il mourut en 339, peut-être de mort volontaire. II avait composé de nombreux écrits, dont on trouvera la liste dans Diogène Laërce. Notons seulement que ses ouvrages philosophiques étaient de deux sortes ; il avait écritdesZ)/tf/o^Me5, comme Platon, etdes traités, comme Aristote. On lui attribuait en outre VÉpitaphe du tombeau de Platon S un Éloge de Platon, des Lettres et un Tfiic\xc\\àQ Définitions ("Opoi). De tout cela, il nous reste les Dé/initions, qui sont visiblement un extrait de ses œuvres ; quelques Lettres dont l'authenticité est plus que douteuse, et de courts fragments.

La brièveté des fragments rend évidemment impossible de se faire une idée tout à fait précise de la valeur littéraire de Speusippe. On entrevoit cependant un mérite de facilité gracieuse qui, sans rien offrir de très saillant, convient bien au neveu de Platon et à l'élève J'Isocrate.

Ses doctrines nous apparaissent plus nettement, au moins dans les grandes lignes. Sur plusieurs points importants, il se sépare de Platon. — En dialectique, il rejette la définition proprement dite et la remplace par la description. La définition, fondée sur la différence do l'objet à définir, a le double tort de supposer la connaissance préalable de tous les autres objets, et de ne pouvoir s'appliquer ni aux idées trop générales, ni aux individus '. Il faut s'attacher aux choses particulières, les décrire, et les grouper ensuite d'après leurs ressem-

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