‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 108 sur 605 · Pline, HUL NaL, XXIX · texte numérisé non relu

Pline, HUL NaL, XXIX

4. Cf. Susemihl, I, p. 829-883. Il y a aussi des livres sur la cuisine, sur Tart des songes, etc.

Hist. de la Litt. grecque. — T. V. 10

particuliers de son sujet. Comme aucun de ces écrits n'a survécu et qu'aucun même de leurs auteurs n'a laissé dans l'histoire littéraire une trace appréciable, nous n'avons pas à nous en occuper davantage. La seule chose intéressante à noter, à propos de cette floraison exubérante d'écrits techniques, c'est le fait même de cette floraison, c'est ce besoin de savoir, de cataloguer des faits, de les mettre dans des traités, qui s'empare alors de l'esprit grec, et qui est dû certainement en grande partie àl'existence même de la bibliothèque d'Alexandrie, c'està-dire aux habitudes nouvelles que suscite ce prodigieux entassement de livres: il y a désormais un public de lecteurs pour tous les écrits, et, par conséquent, il y a des écrivains, bons ou mauvais, mais toujours séduisants par quelque endroit" pour une curiosité devenue insatiable.

YII

Au milieu de tant d'érudition, de savoir positif et souvent aride, on découvre avec surprise que, même en prose, l'imagination ne perd pas facilement tous ses droits. Elle se glisse, à vrai dire, trop souvent jusque dans la science, pour la gâter, par exemple chez les périégètes et chez les nombreux auteurs de mirabilia. Mais, de plus, elle se réserve un domaine à part, un domaine en partie nouveau, mal délimité encore et mal défriché, qu'elle s'efforce de mettre en valeur : c'est le domaine du roman, ou, pour mieux dire, du romanesque, car le roman proprement dit, sous sa forme pure et spécifique, est le dernier terme d'une évolution alors commençante et incertaine *.

1. Cf. ErwiQ Rohde, Der ^rtecAûcAe Roman, Leipzig. 1876 (surtout p, 194-241),

HËGÂTËE D'âBDËRE 147

Le romanesque conscient et volontaire (très différent du romanesque inconscient des logographes et d'Hérodote) avait fait sa première apparition dans la prose grecque avec la Cyropédie de Xénophon. La conception de TAtlantide^ dans le Timée et dans le Critias de Platon, était un produit du même genre d'inspiration, et Théopompe, dans son Histoire Philippique, avait parfois mélo aussi (d'une manière assez étrange) la fiction romanesque à l'histoire * ; mais ni Platon ni Tliéopompe n'avaient, en somme, donné de pendant à la Cyropédie. Dans la période alexandrine, cette forme d'art reparaît avec les ouvrage d'Hécatée d'Abdère, d'Kvliémèro do Messine et de quelques autres écrivains moins connus.

Hécatée, d'Abdère ou de Téos, était un contemporain de iMoIémée, fils de Lagos, roi d'Egypte: il accompagna ce prince dans son expédition de Syrie et vécut peut-être à sa cour. Il avait suivi l'enseignement de Pyrrhon ^. C'est tout ce qu'on sait de sa vie '. Les anciens lisaient sous son nom un ou deux écrits apocryphes sur les Juifs *, et deux ouvrages authentiques qui avaient fait sa célébrité : l'un Sur les Hyperboréens, l'autre intitulé Ai-prTixxx 5. Il ne nous en reste que peu de fragments textuels, mais le caractère en est facilement reconnaissable. Dans son ouvrage sur les Ilyperboréens, il mettait en œuvre une légende grecque déjà mentionnée par Pindare et qui faisait de ce peuple imaginaire un

1. Théopompe, fragm. 76, — Cf. plus haut, t. IV, p. M7; E. Rohdc, p. 204.

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