‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 128 sur 605 · Athénée, XIV, p. 620. D, et suiv · texte numérisé non relu

Athénée, XIV, p. 620. D, et suiv

3. Cf. Ileydemann, Die Phlyakendarstellungen auf bemaUen Vasen, dans les Jahrb, des Archxol. Instit., 1886, p. 260-313.

FRAGMENT GRENFELL 173

fragments de ses œuvres, conservés par des glossographes, sont courts et insignifiants. — 11 eut des imitateurs : bornons-nous à mentionner Skiras de Tarente, Blaesos de Caprée et Sopatros de Paphos, qui nous sont à peu près inconnus *.

Ce qui est plus important, c'est Tinlluence évidente j|uc cette littérature a du avoir sur certaines formes <lramatiques italiennes et romaines, comme Vatellane ol le mime : la Grande-Grèce et la Campanie étaient trop près de ritedie centrale pour que leur action n'ait pas été considérable : mais ce n'est pas ici le lieu de s'y arrêter.

La représentation simplement vraie de la vie familière, sans caricature outrée, trouve en même temps ^m expression dans le genre du mime, renouvelé de Sophron et de Xénocrate ^.

C'est peut-être à ce genre qu'il faut rattacher un très curieux fragment retrouvé récemment, sur un papyrus, vl qui a été publié pour la première fois par M. GrenfelP. Il se compose d'une cinquantaine de lignes écrites sur deux colonnes. La seconde colonne est très mutilée. Les vingt-sept premières lignes au contraire (celles <le la première colonne), sont assez bien conservées, sauf (juelques mots. Ce ne sont pas des vers proprement dits, mais on y rencontre des séries de dochmiaques qui se suivent, et tout le morceau a l'air d'être rythmé : il était peut-être chanté. Il fait songer surtout à cette sorte de prose rythmique dont Sophron avait donné l'exemple. Par

l.Cf. Susemihl. I, p. 2H-243.

2. Sur Sophron et Xénocrate, cf. t. III. p. 448 (456, 2« éd.).

3, Cîrenfell, An Alexandrian erotic fragment and olher grcek papyri chiefly ptoiemaic, Oxford, 1893. — Article de II. Weil, dans la Revue des Eludes grecques, 1896, p» 109 (texte et traduction).

le fond, en effet, il ressemble à un mime. C*est le monologue d*une amante délaissée : mais, à la différence d'un monologue purement lyrique, il comporte un peu d'action : on voit, par les derniers vers intelligibles, que Tamante est arrivée peu à peu devant la maison de l'infidèle et qu'elle le supplie; elle va peut-être le ramener à elle. Il y a donc, dans ce simple monologue, tout un petit drame; ce n'est pas un morceau simplement lyrique: c'est un véritable mime. Le nom de l'auteur est inconnu, ainsi que la date où il écrivait : »la copie que nous avons sous les yeux a été faite probablement vers le milieu du second siècle*; le morceau peut être du troisième aussi bien que du second. I.e mérite littéraire n'en est pas méprisable. Sauf une trace ou deux de bel-esprit, ces plaintes entrecoupées, d'un mouvement rapide et baletant, sont vraiment patliotiques. L'amour qu'elles expriment est purement physique, mais il est touchant par sa sincérité, par sa profondeur, par son humilité, car il a plus de douceur suppliante que de fureur. L'amante délaissée est jalouse de sa rivale, mais elle est surtout éprise de son amant : un peu de pitié la soulagerait ^ : elle s'efforce de parler raison ^ A coté de la Médée d'Apollonius et de la Magicienne de ThéocriteJl y a là une Hue esquisse, originaleet vivante. — Le dialecte est la xoiv/;, mélangée de quelques ionismes.

Les mimes d'IIérodas, réc(»mmenl retrouvés aussi, sont un monument littéraire beaucoup plus important. Jusqu'à ces derniers temps, llérodas n'était plus guère qu'un nom : quelques fragments insignifiants ne pou-

1. Le recto ilu papyrus porto un contrat do Tannée 173; nos vers grecs sont écrits au verso (un pou plus tard évidemment).

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