‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 131 sur 605 · Cf. Ristelhuober, Introd., p. VIII-XIV · texte numérisé non relu

Cf. Ristelhuober, Introd., p. VIII-XIV

2. Lo début du mimo VI rappelle le début des Syracusaines de Théocrite; mais il semble que la vivacité rapide do Théocrite soit une forme revue et corrigée du motif développé par Hérodas avec plus d'insistance.

3. S'il était vrai que le PaériXeù; x^r^trxôi du mime I, v. 30, fût Évergé*e, comme lo croient certains interprètes, il faudrait placer Hérodas un peu plus tard ; mais ce roi parait être plutôt Philadelphe. Cf. Ilistelhuebcr, p. IX.

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de Cos, venues faire une offrande au temple d'Asclépios, en admirent naïvement les richesses. Bitinna, jalouse d'un de ses esclaves, le querelle et le fait battre. Coritto et Métro se content à portes closes'les ingénieuses trouvailles du cordonnier Kerdon. Ce même cordonnier, dans une autre pièce, fait h Métro les honneurs de son étalaîre. Il n'y a, dans tout cela, ni études profondes de caractères ni analyses morales minutieuses : ce sont de rapides peintures de mieurs, de vifs et léj^ers croquis, des silhouettes amusantes. Point d'action complexe non plus : la brièveté du poème s'y oppose: mais on V trouve pourtant une ébauche d'action, un mouvement scénique Sî.Misible : il y a un point de départ et un but, avec une marche un peu c.'*pricieuse parfois et de jolis détours. Ces petites pièces sont trop courtes pour le théâtre proprement dit : c'est un véritable <c spectacle dans un fauteuil », fait pour la lecture solitaire, ou, tout au plus, pour la récitation devant un auditoire peu nombreux.

Les traits que nous venons d'esquisser appartiennent plutôt d'ailleurs au genre rnéme du mime qu'au talent personnel d'Hérodas ; car on les retrouve tout semblables dans les pièces du même genre que nous lisons chez Théocrite. Xous les retrouverions sans doute aussi chez Sophron et chez Xénarque, si nous pouvions encore lire ces écrivains. Ce qui est vraiment personnel, au contraire, et propre à Hérodas, c'est d'abord la nature de son observation, franchement réaliste, presque sans nu'dange d'idéal et de poésie ; c'est ensuite son style et sa versification.

Le réalisme d'Hérodas prend pour champ d'observation toute la vie moyenne, dont il met en scène les divers sentiments, depuis la liberté vive et crue de certaines conversations hardiment obscènes, jusqu'à l'honnêteté spirituelle d'une femme charmante, en passant

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par rimpudence comique d'un marchand d'esclaves, la naïveté bavarde de deux connnères, les ruses d'un commercjant beau parleur, la vanité coquette et frivole des élégantes : c'est toute la gamme de ces sentiments moyens et ordinaires dont est faite la vie du plus grand nombre. Le poète ne met d'ailleurs dans ses peintures ni âpreté satirique ni complaisance : il est sobre et impersonnel; il est vrai. Il ne recherche ni ne fuit la grossièreté ; il la rencontre parfois sur sa route, et il la note d'un trait rapide, sans appuyer. Il ne grandit pas non plus ses personnages sympathiques; il les dessin*» d*un trait juste et fin. Son réalisme n'est pas amer: il ne va pas jusqu'au pessimisme. Ses personnages sont quelquefois vicieux ou cruels, mais leurs mauvaises passions, le plus souvent, s'arrêtent à mi-chemin, soit par l'effet d'un obstacle extérieur *, soit faute d'une force intime suflisante 2. Et cela même est une ressemblance de plus avec la vie ordinaire, où les grands scélérats sont aussi rares que les saints. Ajoutons que cette humanité, moyenne par ses vertus el ses vices aussi hwn que par sa condition, est en même temps l'humanité d'un certain milieu ; elle est très nettement caractérisée par la physionomie particulière que prennent chez elle les sentiments fondamentaux de l'espèce humaine. L'impudence du marchand d'esclaves, la jalousie de Bitinna, le libertinage de Coritto et de Métro appartiennent à [un état de société spécial. De sorttï que l'observation d'Hérodas, outre son mérite de vérité générale, a encon^ celui d'une vérité historique et locale.

L'artiste et l'écrivain, chez Hérodas, ne sont pas indignes de l'observateur. — 11 écrit en vers choliambiques, c'est-à-dire en vers iambiques « boiteux )),^dont le dernier pied, par une irrégularité voulue, est un

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