‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 139 sur 605 · THÉOCRITE; LES S YRACUS AIN ES · texte numérisé non relu

THÉOCRITE; LES S YRACUS AIN ES

Gracieuse Bombyca, tes pieds sont des osselets, ta voix, une morelle; ton air, je ne le peux dire *.

D'autres chants de bergers sont consacrés à des légendes populaires de la Sicile, en particulier à celle du beau Daphnis, aimé de la Nymphe Xaïs, mort à la Heur de l'âge et pleuré de toutes les divinités champêtres *. Alors le ton s*élève et le grand poète qu'est Théocrite peut se donner libre carrière.

Par là, en outre, il est conduit naturellement à faire entrer le mythe d'une façon plus directe dans l'idylle, selon l'instinct de la poésie grecque. Daphnis devient à son tour un personnage des mimes rustiques : ce n'est plus le berger réel et contemporain, c'est une sorte de berger mythique et idéal '. Il en est de même de Polypbème, le Cyclope, qui n'est, dans la VI® Idylle, que le sujet d'une chanson rustique, mais qui devient, dans la XI*, le chanteur lui-même. L'idéal ainsi et la poésie pure, sous leur forme traditionnelle^du mythe, entrent de plain pied dans le mime rustique .

Ajoutons enfin qu'une fois, dans la première Idylle, un autre motif cher aux Alexandrins, la description des œuvres d'art, est accueilli par Théocrite : le chevrier offre à Thyrsis une coupe « profonde, enduite de cire parfumée, à deux anses, toute neuve, et qui sent encore le travail de l'artiste. » Sur cette coupe, des scènes rustiques ont été ciselées. Le poète s'amuse à les décrire . Il fait là, à sa façon bucolique, son « bouclier d'Achille. »

A côté de ces idylles franchement rustiques, les Syracusaines forment à beaucoup d'égards um genre à

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