THËOCRITE POÈTE ET ÉCRIVAIN
parfums se confondent dans la senteurdorété : il nomme les arbres qui se penchent sur la fontaine de Bourina ; il désigne avec précision le taureau qui menace, le bouc entier, la vache amaigrie et malade, lodeur de la présure; il n*a pas de vains scrupules de noblesse et de fausse élégance. 11 imite le sifllemenldes bergers rappelant leur troupeau (-rÎTra)^ et le cri moqueur de la jeune fille qui s'enfuit (:roicru>.*.zs^ci*). S'il parle d*amour. il montre les bras jetés autour du cou (iyxi; îyw tu -); il a des expressions d'une tendresse naïve et profonde (tô xzaov 776ç;Xïi;xlv£) '. Avec cela, le mot simple et large qui, d'un seul trait, évoque la grandeur de la montagne ou de la mer, la douceur du ciel, la fraîcheur de Tombre, Tabri du rocher. Les épil hèles sont relativement rares : il n*use guère des composés dithyrambiques qui détonneraient dans Je langage de ses paysans; mais il a des adjectifs expressifs, qui traduisent Tintensitéde la sensation, des métaphores vives, des mots qui font image. 11 n'y a rien d'inutile dans cette sobriété pleine et douce, rien d'inutile et rien de trop : chaque trait est juste et fort. Polyphème dit à Galatée :
O blanche G-ilatée ! Pourquoi repousser celui qui t'aime? Tu es plus blanche que la neige, plus délicate qu'un agneau, plus vive qu'une génisse, plus acre que la grappe encore verte *.
Autour des bords de la coupe que le chevrier offre à Thyrsis, s'enroule une branche de lierre.
Un lierre saupoudré de fleurs d'hélichryse, et sur la branche souplement enlacée brillent les baies de safran 5.