‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 147 sur 605 · Idylle I · texte numérisé non relu

Idylle I

Sa phrase est souple comme ce lierre, vive aussi et légère comme Galatée. Dans le dialogue, elle est étonnamment libre et coupée; nous avons dit qu'elle brisait le vers suivant ses caprices; c'est pour cela qu'elle le suspend sans cesse au quatrième pied. Dans les descrip tions, toujours courtes et sobres, le poète commence d'ordinaire par quel(]ues traits pittoresques, précis, colorés; puis, d'un dernier trait large et simple, il achève le tableau en y mettant l'eDet d'ensemble, souvent même

la grandeur :

Su race remonte à Glytie et à Chalcon lui-même, qui, de son pied, lit jaillir lu source Bourina, le genou bien appuyé Rur la pierre ; et, autour de la fontaine, les peupliers et les tilleuls tressaient leur bocage ombreux, inclinant vers ses eaux leur verte chevelure *.

Ménalque dit à Daphnis :

Les trésors de Pélops et tout l'or de Grésus n'excitent point mon envie ; je ne me soucie pas de devancer les vents A la course : sous cette roche, je chanterai, t'enlaçant dans mes bras, surveillant du regard nos troupeaux confondus, je chanterai vers la mer do Sicile 2.

Et, dans la belle description d(*s Thalt/sieSy citée plus haut, qu'on se rappelle, après l'énumération détaillée des sensations diversjL»s qui s'ajoutent les unes aux autres, le trait final, l'image qui couronne le tableau : cette Démêler rustique, qui se dresse souriante, avec des gerbes et des pavots dans les deux mains.

Mais c'est surtout peut-être dans les parties lyri(|ues des idylles que se montre le mieux la qualité suprême de la phrase de Théocrite, le rythme haletant, pour ainsi dire, qui est sa marque propre, et qui révèle le poète né pour traduire l'amour. Sa phrase est une musique admi-

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