Cela résulte des derniers vers
252 GUAPITRE IV. — LA POÉSIE ALEXANDRIXE
Le fragment 111 est du même ton. Le poète raconte que Cypris Ta cliargé de faire l'éducation d'Eros enfant : naïf bouvier, il a enseigné à l'Amour les inventions de Pan, d'Athéné, d'Hermès; mais l'Amour lui a enseigné à son tour les tendres soucis des hommes et des dieux, si bien qu'il a lui-même oublié ses propres enseignements et retenu seulement ceux de son élève.
Moschos, né à Syracuse, fut l'élève d'Aristarque *. Jl composa probablement quelques écrits en prose sur des sujets de philologie ^. Les huit poèmes ou fragments que nous avons sous son nom sont des imitations de Théocrite et de Bion, mais non des « bucoliques » proprement dites. Nous avons dit plus haut qu'il pouvait être l'auteur du Chant funèbre en t honneur de Bion : c'est un nouveau rajeunissement des thrènes antérieurs sur Daphnis et sur Adonis, avec plus d'esprit d'ailleurs que d'émotion; le poète n'a vu là qu'un joli thème littéraire à développer. Lui-même s'y présente à nous comme un poète bucolique *\ La petite pièce sur V Amour fugitif est spirituelle, dans le goût des Alexandrins et de Bion *. D'autres fragments, plus courts, n'ont rien qui mérite une attention particulière. Restent deux poèmes analogues aux petites épopées de Théocrite, Europe (162 vers) et Mégara (125 vers). Ce dernier, à vrai dire, paraît extrait d'un poème plus long : c'est une conversation verbeuse, mais assez touchante parfois, entre Mégara, la femme d'Héraclès, et Alcmène; Mégara se lamente sur la folie d'Héraclès, et Alcmène fait écho à ses plaintes, non sans noblesse. La plupart des derniers éditeurs
i. Suidas, M^T/o;.