Cf. Athénée, XI, p. 485, E (é^Tj^aei; Toîiaxwv XlÇewv
4. La XIX* IdyUo du recueil de Théocrite est du môme genre; on l'attribue souvent à Moschos.
DIOSGORIDE, ALGÉE, ANTIPATER DE SIDON 253
considèrent ce morceau comme n'étant pas de Moschos *. Le poome d'Europe raconte l'enlèvement de la jeune 611e par Zeus, métamorphosé en taureau. Le récit est facile et agréable. L'arrivée du taureau dans la prairie, ses caresses à Europe, l'enjouement de celle-ci quand elle s'asseoit sur son dos puissant, son étonnement (plus spirituel qu'effrayé) quand le ravisseur l'emporte au milieu des flots de la mer, forment un tableau gracieux et pittoresque : le style est d'une simplicité aimable qui s'accorde bien avec l'emploi du dialecte ionien. >»ous avons ici sous les yeux l'un de ces modèles de jolie poésie alexandrine que Catulle aimait tant, et dont il devait s*inspirer dans son Épithalame de Thétis et de Pelée.
A côté de ces genres divers, nous trouvons enfin, dans cette période, le genre alexandrin par excellence, répigramme, que tous les poètes ont traité à l'occasion, mais qui a fait plus spécialement l'occupation de quelques-uns et leur a donné la célébrité, comme autrefois à Asclépiade de Samos et à Léonidas de Tarente. Ces poetae minores sont légion : nous en connaissons plus de quarante 2. L'art de tourner élégamment quelques distiques était devenu, à cette époque, familier à tous les hommes cultivés : historiens, savants, érudits, hommes d'état, hommes du monde s'en mêlent à l'occasion, et ne s'en tirent pas mal. Faire une épigramme e^t un jeu pour ces beaux-esprits. Les modèles sont si nombreux et si connus qu'il est facile de les imiter. Dans : cette foule de poètes, artistes ou simples amateurs, le talent est monnaie courante. Ce qui est rare, c'est l'originalité. Rien ne ressemble à une épigramme de l'un
i. Cf. Susemihl, I, p. 232.
2. Cf. Sasemihl, II, p. 541-565. Cf. aussi Ouvré, Méléagre de (Tadara, Paris, 1894, p. 81.
comme une épigramme de Taulre. Ce sont toujours les mêmes thèmes, les mémos formules, le même tour d'esprit. En dehors de ces ressemblances générales, il y a de certains sujets particuliers que chacun reprend à satiété: par exemple Thistoire du prêtre de Cybèle qui entre dans la grotte d*un lion et qui, surpris par le retour de l'animal, le fait fuir en jouant du tambour; — ou le désaveu de Cypris refusant des armes en offrande. Quelques pièces choisies et lues à part semblent jolies, ou même exquises; quand (m en lit beaucoup, on est surtout frappé de leur monotonie, de la pauvreté des idées et des sentiments, de ce qu'il y a d'artificiel et de convenu dans ces distiques ingénieux sur une offrande votive., sur une (i^uvre d'art, sur une mort prématurée, sur les ilèches d'iîros et les regards de Cypris. Nous n'avons pas à suivre dans le détail toute celle production, trop abondante et trop peu variée. 11 suffira d'en détacher cinq ou six noms qui, pour des motifs divers, ont quelques droits à une courte attention.
11 suffit de nommer, en passant, dans la seconde moitié du m* siècle, Dioscoride, dont il nous reste une quarantaine d'épigrammes, mais dont le mérite est tout entier dans une élégance assez banale *; — puis Alcée. de Messène, contemporain du roi de- Macédoine Philippe 111 (220-178), et dont nous avons une vingtaine de morceaux -. Alcée de Messène traite avec une élégance de bon goût les sujets ordinaires de l'épigramme. Une de ses pièces, plus intéressante, raille Philippe sur sa défaite à Cynoscéphales (197). Le roi lui répondit par un distique où il essaya de mettre de la méchanceté '.
•Antipater de Sidon est le premier en date de ces Grecs de Syrie qui portèrent dans la poésie l'habitude sophis-