‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 21 sur 605 · Fragm. LXVI · texte numérisé non relu

Fragm. LXVI

celui de tout dire )>^ avec une pénétration remarquable. Le passage est cité par Démétrius^ l'auteur du traité De Vélocution, en ces termes *:

Un autre moyen de persuader est celui quMndique Théophraste^ de ne pas tout dire minutieusement et longuement, mais de laisser à l'auditeur certaines choses à deviner et à trouver par lui-même. L'auditeur, en effet, qui a deviné ce que vous ne lui disiez pas, devient pour vous plus qu*un auditeur, un auxiliaire et un ami; il vous doit le plaisir de s't*tre trouvé lui-môme intelligent, grâce ù l'occasion que vous lui avez fournie de deviner quelque chose. Lui tout dire comme à un sot, c'est lui montrer qu'on se méfie de son intelligence.

A côté de Théophraste, nous rencontrons quelques noms connus ; celui d*Eudème, à qui Ton attribue la rédaction de Tune des Morales comprises dans l'œuvre d'Aristote, et qui s'occupa aussi de l'histoire des doctrines 2 : Aristoxène do Tarente, musicien et rvthmicien encore plus que philosophe ; Démétrius de Phalère, surtout orateur et homme d'état; Dicéarquo, surtout géographe ; Héraclide do Pont, polygraphe et historien des doctrines. On voit comment le Lycée, dès la première génération, s'écarte de la philosophie proprement dite vers les recherches curieuses ou érudites. ^'ous retrouverons quelques-uns de ces noms dans le chapitre suivant, où ils seront mieux à leur place.

Le successeur de Théophraste à la tète du Lycée fui Straton, né à Lampsaque ^ qui dirigea l'École de 287 à 269. Straton paraît l'avoir orientée surtout du côté des recherches physiques, dans un esprit moins finaliste que positif et déterministe. Mais de ses nombreux écrits,

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