‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 212 sur 605 · PROCÉDÉS D'EXPOSITION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS D'EXPOSITION

qui Tabus en ce genre passait toute mesure. Mais lo reproche, au fond, tombait également sur Thucydide, qui n*a pas d*autre règle de vérité, en matière de discours, que cette loi de reconstruction idéale, conformément aux vraisemblances. Le point de vue de Polybo» sur cet important sujet, est exactement cehii des modernes, qui considèrent les paroles connue des monuments aussi inviolables que les actes, et ne se croient pas en droit de les inventer. En fait, dans les partieH intactes de l'œuvre de Polybe, on ne trouve pas un seul discours à la façon de Timée ou de Thucydide. Mais on y trouve de nombreux résumés en style indirect, qui conservent le sens général des paroles sans prétendre à une restitution trompeuse. Par là, Polyt>e n'est pas seulement en avance sur .ses contem]K>rains : il dépasse toute Tantiquité.

Puur le reste, il est de son temps, du moins quant à la forme. Dans ses supputations chronologiques, exacteH et minutieuses, il suit Texemple de Timée. Dans TaUmdance •!'? ses descriptions géographiques, auxquellen nous avons vu qu'il consacrait des livres entiers, il fait ce que beaucoup d'autres avaient déjà fait. lie mémo •laas ses longue* préfiices, S4^iuvent remplies par des piilémique^. et dan> v.-s digressions explicatives. La nouveauté, en tout cela, vient moins de la forme que du footl. II ^ sert J»"? pHicédés en usage, mais il s'en *îerl pour d autres fin* et «lans un autre esprit. Ix-s div;u.<^ si>a* et expli':-5i*ion>- notamment, san.^ cess^; intercalé^,*» aa ^vjr* «le se> r»r'-its. .sont très neuves par le» idée» 4* 'ir^^iî. par Î4 pr**«»rupation didactique el âérieujWîr; eda:* <ell*-^ ievi£*r:jt rappeler, par le dessin général, la inik£»:<e lri!-':je>s.irxi:neri: discursive des .\lexandrins. Il faoî -îiep-eaiiTi: rerûArquer la plare Irê* coasidérablii; ^ >*..*• -x^riij^r.t dift* v^n ouvra:re. el qui vient de son ^'Aj^r^ pptrpk''!^. : .ik.s:r.;ire. La Uiruth &i sévérecoi^nt i»-

personnelle de Thucydide a fait place à une méthode toute différente : ici, Tauteur est toujours en scène, nous conduisant comme par la main, jugeant tout et expliquant tout, provenant nos erreurs avec une attention infatigable. Au point de vue do Tart, il y aura des réserves à faire. Au point de vue scientifique, qui est celui où nous nous plaçons en ce moment, le procédé a du moins le mérite d'être très instructif, abondamment et clairement didactique.

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Le côté faible de Polybe, c'est celui qui relève proprement de l'art d'écrire. Son style est détestable, et sa composition, quoique bien supérieure à son style, présente de graves défauts. Le charme incomparable de la prose classique grecque, c'est de nous offrir, dans toutes ses productions, des œuvres d'art achevées. Chez un Thucydide, chez un Platon, chez un Démosthène, la composition est harmonieuse, le style est vivant et expressif. La langue qu'ils écrivent est d'une fraîcheur savoureuse où l'on reconnaît, sur un fond de parler populaire, d'heureuses trouvailles personnelles. Cette langue est très capable d'abstraclion, quand la précision de la pensée l'exige; mais le plus souvent elle est simple et concrète, et, quand elle recourt li l'abstraction, les mots qu'elle met en œuvre ont la netteté vigoureuse d'une belle médaille toute neuve. La phrase est souple, libre, variée, selon les mouvements d'une pensée qui ne suit aucune autre règle que la recherche passionnée de la vérité. L'œuvre entière est comme un être vivant, Çûov ev o),ov, qui marche et se meut avec aisance dans la justesse naturelle de ses proportions Chez Polybe, la composition manque souvent d'élégance, et le style est

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