‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 250 sur 605 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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ser. Sa chronolosrio mémo. fonJôe sur lo s\ nohronisiiie Je> consuls Je Rome el des arohonles liWlhonos, pivuvo qu'il n'a pas aper«;u les Jiflioultés Je sa tàoho ou qu'il se les esl dissimulées volontairement. On a rimprt*ssion. en le -lisant, qu'il n'a jamais eu le sens de la vérité historique : satisfait des recherches faciles, qui ne demandaient que des lectures, il s'est arrêté devant celles qui auraient exigé un elFort personnel, et il s'est satisfait lui-même avec des comhiuaisons spécieuses, d'une justesse purement apparente, capables de tromper seulement des regards peu attentifs.

Ces graves défauts sont bien loin d'ailleurs d'être compensés, comme chez Tile-Live. par le mérite littéraire. Le récit de Denvs. correct et médiocre, send)le une série d'amplifications, tantôt narratives, tantôt oratoires. composées selon les règles de l'école. Ce qui y manque le plus, c'est un accent personnel quelconque. Jamais rien qui ressorte, qui saisisse, qui émeuve ou qui fasse penser. Tout, dans cette longue composition monotone. est dit du ' même ton, tous les personnages y tiennent le mémo genre de discours, toutes les scènes y ont même couleur. En vain, on y chercherait quelque chos<» de romain. I/auteur ne semble pas s'intéresser avec forets a la croissance de C(f peupl<^ (pi'il admire assurément. maiH auquel il est si étranger par le caractère. D'ailleurs, connue il ne se rend pas compte des causes |)rofondeii rtecelte croissance, il ne sait pas en manpier les grande» phases. Nulle part l'organisation de la famille, celle d« la cité, celle de la religion m^ sont mises en ndie.f comme des faits de première importan<;e. Nulle, part n'apparaît la continuité de la politique. |MM'sonniliée dans le sénat. Le lecl(>ur suit mollenu^it U*. (tours du ïemps, as.sistant à un défilé d'événeiiuMits que n*enchaine aucun lien intime; il n'a |)our guide, dans c» long voyage monotone à travers les siècles, qu'un bon-

note professeur de rhétorique, homme simple et pieux, dont toute la philosophie consiste en une croyance banale à une providence sans desseins, qui châtie ou qui récompense de temps en temps, mais qui ne conduit rien. Ses préférences politiques, s*il en a, sont discrètes. Il aime une aristocratie sage, une démocratie tempérée, une liberté qui se modère, une autorité qui se contient, comme il aime le bon goût en littérature; ce qui revient à dire qu'il n*aimo rien fortement. 11 n'y a ni passion dans son cœur, ni saveur dans son récit *.

Ami do Denys et appartenant à la même société, Cécilius aurait mérité sans doute, lui aussi, d'être distiagué par la postérité entre les critiques du temps d'Auguste, si ses œuvres étaient parvenues jusqu'à nous *.

Tout ce que nous savons de sa vie, c'est qu'il naquit à Calé-Acté en Sicile, peut-être de parents juifs et esclaves; qu'il s'appela d'abord Archagalhos:qu'il vint ensuite à Rome, qu'il y professa la rhétorique grecque sous Auguste, et qu'il fut lié d'amitié avec Denys ^ Si incomplets que soient ces renseignements, ils nous permettent au moins de replacer Cécilius dans son milieu, puisqu'ils nous le représentent comme un membre actif de la petite société littéraire que nous avons décrite plus haut. D'ailleurs, nul plus que lui ne manifesta le tour

1. Chez les Byzantins, toutefois, Vllisl. romaine do Denys no semble pas avoir eu moins de rôputation que ses écrits de critique littéraire. Voir la notice anonyme jointe à plusieurs mss d'Appien : T?jv Twv 'iTsXtxcov înQYTitîiv "^ ToO *AXtxapva<rac(i)c Aiovuoîo'j P(i>(iaTxT| 'ApxaioXoyta nacrûv éorlv laropicov àlioXoytùxipoL (Appicn, Tauchnîtz» t. IV, p* 235).

2. Sur Cécilius et ce que nous savons de ses œuvres, voir Frag, Bist. Grœc, (Didot-MûUer). t. III, p. 330-333.

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