‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 264 sur 605 · Autobiogr., ch. iv · texte numérisé non relu

Autobiogr., ch. iv

3. Il n'y a rien à conclure de ce que les frag. 08 et*09 sont puremont et simplement des pages de Denys d'Ilalicarnasse. Cela doit provenir d'une erreur du scribe qui roiiiposait b's Excerpta de Constantin Porphyrogénéte ; il a mis sous le nom de Nicolas ce qui était de Denys. On ne saurait adnit'ttre que Nicolas ait ainsi transcrit littéralement des passages d'un ouvragr tout récent, au risque de se faire démasquer et dénoncer par les lettrés envieux qui ne devaient pas manquer autour de lui.

méthode, autant que nous pouvons on juger, consistait plutôt à refaire assez librement, en conteur et en moraliste, les récits qu'il venait de lire. Traitant Thistoire, sinon comme un roman, du moins comme une mati^r• littéraire et philosophique, il visait avant tout à composer une narration agréable et instructive : pour cela, il y insérait des discours de sa fa«;on. arrangeait les caractères et les rôles, choisissait entre les traditions, et se plaisait à moraliser élégamment à propos de Oésus ou de Cyrus K C'était en somme la manière de faire de presque tous les historiens du temps, quand ils traitaient des faits anciens, et la seule chose qui distinguai Nicolas de Damas, c'est qu'il semble l'avoir pratiquée avec plus de désinvolture, en sa double qualité de philosophe et de bel esprit. Toutefois, le caractère de PuMivre «lut changer nécessairement, lorsque Tauteur arriva aux événements de son temps, liérode et sa politicpie tenait une grande place dans les derniers livres ; et, sur tout cet ordre de faits, Nicolas était lui-meuio un témoin des mieux instruits. 11 est donc certain qu'il se (h)nnait, dans toute cette partie de son récit, Pair d'un homme qui sait le fond des choses; mais il ne Test pas moins quMl les présentait de manière h plain; à son maître. Jo- .seph le traite ouvertement de llatlcur-; nous aurions deviné qu'il en était ainsi, quand même on ne nous l'aurait pas dit. <!e volumineux ouvra^re était donc, à tous les points de vue, un ouvrage médiocre. Mais il était facile à lire et dispensait de beaucoup d'autres, (xda expli(|ue la faveur dont il jouit à Byzance \

i. Voyez l^î'S lonffs «ixtraits ffui furiii*?nt Iok fra{<iiif;ijtH iAi-Vû 'Jan» les Hislorici minorer.

2. Antiff. juice, xvi,7, 1. Voirt"Xit 1*; passat'*M;t riot-iifim<;rit la fin : oC» ifk^ :Tros:av toî; z/>0'.;« i/./i orovpvjav t'u ^•x.iû.il TavTy,v iTioitlTO. NéurjinoinSt il lui a fait «l*.- noiiibn.'ux triii|irunts dann la parti'j <J«} son Anti0piU^ juice qui nr raii]iorU; ù. H«jrodo '-t à s'rs fils.

3- L'empereur Ounstantin I'orphyro;;éfiêle un fit mcueillir <ie nombreux extraits dans se» div^-rses compilations. Toutefci-* hin»

Outre son histoire universelle, Nicolas do Damas avait encore composé une Vie (V Augtiste , une Autobiographie, un Recueil de traits de mœurs, et divers écrits pliilosophiques.

La Vie d'Auguste (Bto; Kaicapoç), dont il nous reste des morceaux étendus, se compose aujourd'hui de deux grands fragments. Le premier, publié par Henri de Valois (Paris, 1834) d'après un manuscrit de Tours, comprend le récit de la jeunesse d'Octave, de son éducation et de ses rapports avec son père adoptif, Jules César '. Le second, emprunté à un manuscrit de l'Kscurial, a été copié par E. Miller, qui le signala dans son Catalogue des 7nss, de l'Escurial (Paris, 1849), puis publié par Feder (Darmstadt, 1850) d'après une copie qu'il en avait faite lui-même antérieurement - : c'est le récit de la conjuration contre (lésar, de sa mort, du débarquement d'Octave en Italie et de ses premiers actes, jusqu'aux préparatifs de sa lutte contre Antoine. L'auteur, dans ces pages, se montre aussi flatteur à l'égard d'Auguste qu'il l'avait été dans son Histoire universelle à regard d'Hérode. Mais il donne quelques renseignements précis qu'on ne trouve pas ailleurs, et sa narration se lit en somme avec intérêt \

dorf (//m/, min., Prt^f., p. IV) pense qu'à ce moment une bonne partie de l'ouvrage avait déjà p6ri. Photius, pass. cité, semble n'en connaître que la première partie, qu'il appelle 'Aa^opiaxTi Icrropca.

1. C'est un extrait tiré du rev^ueil de Constantin Porphyrogénéto nip\ âpSTf,; xai xaxiaz,

2. Cf. Frag.Hist. grxc.y t. III, p. 427, d'après la copie de E. Miller. Ce long et important fragment est extrait du recueil de Constantin Porphyrogénéto Ilepl imSouXûv.

3. E. Egger, dans son mémoire Sur les hisloriens d'Auguste (Paris, 18&3), a étudié cette Vie d'Auguste; maison n'en connaissait alors que le premier fragment; ce qui a induit le savant critique à méconnaître le vrai caractère de l'oeuvre.— Ch. MûUer, ouv,cilé, on a bien apprécié la valeur : Multa suppeditant {reliquiœejus) quse aliunde comporta non habcmus... ; alia, quse a Suetonio, Appiano, Plutarcho, Dione, Velleio paucis tanguntur, uberius narrant; alia alio cxponuut ordine.

De V Autobiographie (citée par Suidas ^sous le titre n«pi iSiou ^iou XXI TT,; éxuToO àywyrj;, il nous reste six fragments étendus «. Tout ce qu'on peut en dire, c'est que la vanité de Tauteur s'y montre avec la plus amusante naïveté. Poussée à ce point, Tadmiration de soimême désarme la critique.

Le Recueil de traits de mœurs ('EOûv ouvay^yY)) nous a été conservé par Slobée dans son Florilège, C'est une simple collection de particularités curieuses sur les mœurs d'une cinquantaine de peuples, recueillies sans critique chez un grand nombre d'historiens, de géographes et de voyageurs. Photius nous apprend qu'elle était dédiée au roi Hérode *.

Les écrits philosophiques de IS'icolas semblent avoir été assez nombreux. Ils se rapportaient presque tous à la philosophie péripatéticienne, dont il faisait professiou, et la plupart n'étaient même probablement que des commentaires sur diverses œuvres d'Arislote. Nous n'en connaissons que quelques titres ^ On a supposé de nos jours que le Traité sur les Plantes, en deux livres, qui fait partie de notre collection aristotélique, était l'œuvre de Nicolas *. C'est là une simple conjecture, qui n'a pu

1 . Les deux premiers sont tirés rie Suidus, v. 'AvtiiraTpoc et NtxoXaoc; les quatre autres du même ms. de Tours, déjà cité, où ils figurent dans les extraits irepi ipixr^z xx\ xaxtx;.

2. Photius, Bihl., 189. Il note les emprunts aux historiens d'Alexandre et à Conon.

3. Simplicius, dans son commentaire d'Ëpictète, ch. xxxvii, cito UQ traité Ileptrcôv èv toÎ; ^rpaxTixoT; xaXwv. Le môme auteur, dans se» écrits sur Aristote, cite des traités Swr la philosophie d'Arisêote, Sur Us dieux. Sur la philosophie première, une paraphrase de la Méla^ physique, du traité Sur le ciel et du traité Sur Came. (les fragmentf ont été recueillis par Roeper {Lectiones Abulpharagianœ, Dantzig, !844, p. 35-43). — Diogéne Laerce (X, 4) cite Nicolas de Damas parmi les philosophes qui ont conthattu Les doctrines épicuriennes.

4. Sicolai Damas^eni de planlis lihri duo, édit. Meyer, Leipzig, 1S4I ; voyez la Préface. Zeller. Phil. d. Griechen, t. III, p. M, note f , y Terrait plutjt un extrait remanié d'un ouvrage de Nicolas. — On

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être sérieusement démontrée; elle semble peu justifiée par la comparaison entre cet ouvrage et les fragments authentiques de l'ami d*Hérode.

Déjà, chez Nicolas de Damas, k côté de Thistorien ou du prétendu historien, nous entrevoyons, ne fùt-co que par le Recueil de traits de mœuri>. l'érndit curieux et le collectionneur. C'est qu'en effet, tandis que le goût du temps élargit d'un ccMériiistoire en y faisant entrer tous les peuples et tous les siècles, il tend d'un autre coté à la compléter par une foule de menues informations. L'érudition alexandrine survit, très active, et elle suscite des antiquaires, des fureteurs, qui amassent des renseignements sur toute sorte do choses, pour le simple plaisir de les amasser.

Un des plus illustres représentants de cette classe de savants fut un Numide, le roi Juha * . Fils du roi de Numidie Juha I. qui avait combattu à Thapsus dans les rangs des Pompéiens et qui s'était donné la mort après la défaite (4G av. J.-C), il fut emmené tout enfant à Rome et figura dans le triomphe de César. L'éducation très soignée qu'il reçut par la volonté du vainqueur fit de ce barbare un Grec des plus instruits. Tout jeune encore, il combattit avec Octave contre Antoine, et, pour le récompenser de ses services. Octave lui rendit le royaume de son père (29 av. J.-C); il lui donna en outre pour femme Cléopàtre Séléné, fille de la célèbre

a aussi attribué à Nicolas le traité psoudo-aristotôliquo Ilepi x6a- |i,ou;mais cotte opinion som])lo aujourd'hui abandonnée. Voir Susoniihl, Gesch, d. Griech. Lilerat. in der Alerandrinerzeit, t. II, p. 326.

1. Suidas, *I<Jga;; Strabon, VI, p. 28S ; XVIT, p. 828, 831 ; Plutarque, César, 55; Antoine, 87. Pline, V, 1, 1. Ai)pion, G. civ, ii, 101; Dion Cassius, xli, 15; mi, 26. Voir dans Frngm. Histor. grœcor. t. III. p. 465, la notice sur Jiiba, et surtout ha Blanchère, De rege Juha régis Jubx filio^ Paris, 1883.

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