Suidas, 'Aiclwv
4. Section fort étendue, d'ailleurs, puisque le récit en question est tiré du Y* livre : Aulu-Gelle, V, 14. CVest peut-être la seule qui ait été écrite. Cf. Tatien, ad Grxc, 38.
5. Aulu-Gelle, ibid, : Ejus libri non incelebres feruntur. quibus omnium ferme, quœ niiriflca in uEgyplo visuntur audiunturque, historia comprehenditur.
PAMPHILA 407
Bien différente de ce grammairien vaniteux et i^ruyant, la savante Pamphila * vécut pendant vingttrois ans en Grèce à Épidaure, sans quitter son foyer domestique, recueillant, dans les conversations de son mari, Socratidas, que nous avons nommé plus haut, ci des hommes distingués qui fréquentaient sa maison, dos anecdotes et des faits plus ou moins dignes de mémoire; elle en forma un vaste recueil, intitulé Notes historiques (TicofjLvyjjtxTa îGTopui). L'ouvrage fut composé sous lo règne de Néron. Âulu-Gelle le cite fréquennnent et atteste Testime dont il jouissait.
Quittons maintenant ces érudils pour jeter un coup d*œil sur la littérature philosophique du même temps^
Si nous faisions ici l'histoire des idées, nous devri(mH étudier révolution des doctrines traditionnelles, leur persistance et leur fusion progressive chez les quelques hommes qui les représentent alors. Nous aurions h insister en particulier sur la renaissance du scepti<*i8me pyrrhonien, qui semhle s'être produite à partir du mi lieu du i®*" siècle avant notre ère, et qui se formula, d'abord, comme on Va vu phjs haut, dans les écrits d'Enésidème *. Mais toute celte phih)sophie, dont les productions ont d'ailleurs disparu, n'a vraiment aucun titre à figurer dans la littérature proprement dite, puisqu'elle n'a ni créé des «ruvres d'un caractère original, ni même préparé des matériaux pour de telle» œuvres, ai accusé vivement aucune forme intéressante du goût contemporain. Laissons-la donc de côté, et ne nous occupons que des écoles ou des hommes qui ont
1. Suilas, nxu.9:/r. YijXf'.z Fnigmfnta iiisL yragr,, t. Jlf , j*. îiiSO.
2. ZeUer, PhÙ. d. Oriechen, t. V, rh. i. Voir plus haut, p. 311.
eu pari, en quelque degré, au mouvement littéraire du temps.
C'est dans les cinquante années qui ont immédiatement précédé Tère chrétienne, que les écrits néopythagoriciens ont commencé à se répandre dans le monde et qu'ils semblent avoir surtout abondé ^ L'école pythagoricienne proprement dite avait disparu depuis trois cents ans. Mais une bonne part de l'esprit du maître, sensiblement altérée d'ailleurs, avait survécu dans les mystères orphico-pythagoriciens et dans une discipline traditionnelle qui constituait la vie dite pythagoricienne. Au 1" siècle, cet élément se réveilla sous diverses inlluences. Le Pythagorisme avait pour lui d'être une école d'autorité dogmatique et de discipline morale sanctionnée par une croyance religieuse. 11 convenait, par là même, à un grand nombre d'âmes, éprises de règle et de certitude. Sa raison d'être, lorsqu'il reparut, ce fut d'offrir satisfactionTà ceux que la philosophie attirait par sa noblesse et décourageait par ses incertitudes. Il leur apporta un enseignement simple et pratique, qui empruntait à Platon, à Aristote, aux Stoïciens ce qu'ils avaient de plus élevé, qui fondait tout cela en une doctrine courte et substantielle, très affirmative, appuyée sur l'autorité prétendue de Pythagore et de ses disciples immédiats, et qui aboutissait à des préc<»ptes de vie précis, sévères, et raisonnables pourtant dans leur austérité.
Il est probable que cette philosophie se forma vers le commencement du i®' siècle av. J.-C. à Alexandrie 2. Nous la voyons admise à Rome, un peu plus lard, dans
1. Sur r»''cole néopythagoricierine, consulter Zoller, ouv. cité, t. V, p. 79 et suiv. — Les fragments sont réunis dans Orelli, Opuscula grœconim veterum sententiosa, t. Ilot dans Mullach, Fragmenta fthilosoph. gr^rcur. , t. I et II (Bibl. Didot).
S. Zeller, p. 98. Cf. Susemihl, GHech, Liier, m der Alexandriner^ zeil, t. II, p. 332.