‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 272 sur 605 · Cf. ci-dessus, p. 403, note 3, et t. IV, p. 181 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 403, note 3, et t. IV, p. 181 et suiv

3. Sur certains fragments peut-être authentiques de ces doux ptiilosophes, cf. t. IV, p. 181 .

tiiuait le néopytliagorismc ^ Sous leur forme actuelle, on sent qu'ils ont été destinés à combler une des lacunes de la morale et de la religion des philosophes, en résumant leurs préceptes les plus essentiels et leurs pro messes les meilleuresdansquelques formules facilesà retenir. La doctrine en est religieuse et humaine: elle recommande la piété envers les dieux, le respect des parents, la douceur, la tempérance sans ascétisme, la justice, la résignation aux maux inévitables, la réflexion indépendante sans mépris hautain de l'opinion; elle invite le fidèle à examiner chaque soir ses actions du jour pour les juger ; elle lui prescrit aussi, mais rapidement, certains rites, certaines purifications ; et, pour prix de cette sage conduite, elle lui promet, dès à présent, une paisible sagesse et, plus tard, une immortalité bienheureuse. En somme, une sorle de mémento, mal ordonné, nfiais contenant en abrégé les règles de la vie, l'essence de la religion et le fonds des plus précieuses espérances. Le beau commentaire qu'en a donné au v® siècle le platonicien Hiéroclès montre qu'on pouvait en tirer sans trop d'effort une philosophie complète; il témoigne en outre du grand prix que les derniers siècles du paganisme ont attaché à ce résumé bienfaisant, et il explique le titre brillant qu'une reconnaissance et une admiration traditionnelles lui ont donné.

Les autres écrits qui viennent d'être cités sont dus certainement à des faussaires de bonne foi, dont ils nous révèlent le curieux étal d'esprit. Ceux qui composaient ainsi, avec des idées empruntées à Platon, à Aristote, à Chrysippc, des traités, qu'ils attribuaient à d'anciens pythagoriciens, n'étaient pas de vulgaires trompeurs. C'étaient des hommes instruits, qui, dominés par un

1. Mûllach (Fragm. phil. gr,, I, 413) les attribue à Lysis. Zener (ouY. citù, t. I, p. 269) me parait avoir vu beaucoup plus juste.

ÉGBITS PYTHAGORICIENS 411

parti pris, croyaient retrouver chez ces divers philosophes les débris des vieilles doctrines pythagoriciennes et n*hésitaient pas aies rendre à leurs véritables auteurs. D'ailleurs, en reconstituant tout un pseudo-pythagorismo primitif, ils obéissaient à des intentions que leur suggéraient les besoins du temps. Constituer une philosophie complète, mais simple, qui donnât aux contemporains, sous l'autorité d'une tradition antique et vénérée, supérieure par conséquent aux sectes, toutes les idées nécessaires sur Dieu, sur le monde, sur l'homme, sur la société, sur la famille, sur le bonheur et sur la vertu, voilà au fond ce qu'ils se proposaient. . Et ce dessein déterminait la forme do leurs œuvres. S'ils s'efforçaient, par une nécessité du genre, d'écrire dans le dialecte dorien qui avait été celui des premiers Pythagoriciens, ils le faisaient du moins avec un remar* quable souci de la clarté. A en juger par nos fragments, tous ces écrits, malgré des dissemblances nécessaires, se ressemblaient par une commune méthode d'élocution : une phrase courte, analytique, nettement divisée; des définitions brèves, dos préceptes, des formules, çà et là quelques comparaisons traditionnelles; d*ailleurs, nullo rhétorique, point d'amplification, peu de dialectique. De vrais « manuels » par conséquent, sans originalité de pensée, mais commodes et pratiques.

C'est probablement à la même littérature qu'appartient le premier fonds de ces collections de Sentences et de Comparaisons pythagoriciennes qui ont été recueillies plus tard par divers auteurs ^ Quelques-unes étaient anciennes, d'autres furent créées alors, d'autres s'y ajou-

1. Le principal recueil est celui do Déhopuilos, qui semble avoir vécu au second siècle après J.-C. Voir Mûllach, t. II, p. XXVI, pour la personne de Démophilos et la bibliographie de son recueil. Ses Comparaisons et ses Sentences sont dans le t. I du même recueil, avec celles qui proviennent d'autres sources (p. 485- 504).

tèrent plus tard : il est impossible aujourd'hui de l distinguer d'après leur âge relatif; mais, comme e^^' \^ semble, elles répondent bien aux besoins et au goût qu^® nous signalons en ce moment.

A côté de ces œuvres anonymes ou apocryphes, il ï en eut d'autres qui furent publiées par leurs auteuC''^^ sous leur vrai nom. Les principaux pythagoriciens d — ^ ce siècle ^ sont les deux Sextius, contemporains d'Au^^' guste et de Tibère ^ Sotion d'Alexandrie, disciple de Sex ^^' tins le père et l'un des maîtres do Sénèque ', puis, soui^- ^^ Néron, Moderatus de Gadès *, Areios Didymos *, enfirC^^*^ Apollonios de Tyane, qui vécut jusqu'au temps Nerva *. Quelques-uns de ces noms sont connus oi même illustres, mais aucun n'a une grande importance dans l'histoire littéraire.

Sextius le père avait composé en grec quelques écrits de morale demi-stoïcienne, demi-pythagoricienne, qui ne nous sont plus connus que par les éloges enthousiastes de Sénèque ^. Nous possédons encore un certain nombre de Sentences et la traduction latine d'un Manuel, qui sont ou de lui ou de son fils ^ Il est possible que le manuel ait été interpolé ; mais quelques additions çà et

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