‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 276 sur 605 · Usener, Epicurea, Préf. LXXI · texte numérisé non relu

Usener, Epicurea, Préf. LXXI

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416 CHAPITRE IL — D'ACGCSTE A DOMITIEX

n'y trouve que le malheur. Heureux, s'il s'en dégage à temps par le repentir (Mstat»», e. 10; MerapijLÊix, c, 33; ! car, alors, par une route étroite, en pratiquant une discipline austère (c. 16, 'E^xcz-rciz, Kiçtécîiv.îI arrive à la vertu, à la vraie science et au bonheur. Tout l'uuvrage est plein d'un profond mépris de l'instruction profane '; non seulement on peut arriver sans elle à la vraie science, qui est celle du bien, mais c'est à peine si elle y contribue, alors même qu'elle est bien dir inerte. 33 ; sa principale utilité, c'est d'occuper les jeunes gens, de les détourner des plaisirs îAirf. •. Cette conception de la vie est au fond stoïcienne, et elle appartient au stoïcisme de l'empire, à celui d'Epictète. Mais, outre que le livre se donne lui-même pour pythagoricien, il l'est en effet par l'emploi de l'allégorie, par le désir manifeste de résumer tout ce qu'il faut sa\oir pour bien vivre en quelques traits satisfaisants, faciles à retenir, et de les grouper même en une ima^e. Si l'idée religieuse^ familière au néopythagorisme, en est abc»entt'. c'est sans doute que l'auteur a voulu surtout faire ici appel aux profanes. Le grand succès de l'ouvrage est attesté à partir du second siècle de notre ère-; nul ne le cite auparavant; il est probable qu'il a dû naître peu avant ce temps, puisqu'il est d'ailleurs imprégné de l'esprit qui se manifestait alors. De nos jours, rallêgorie, surtout lorsqu'elle est longue et compliquée, a peu d'admirateurs: celle-ci est sèche, laborieuse, sans grâce : mais si on la considère comme un moyen de populariser un enseignement essentiel, on ne peut lui refuser tout mérite.

1. Cela seul suffit à réfuter roi>inion àe Susemihl, dans la not*« citée, qui est porté à l'attribuer à un rh»^teîir teinté de philosophie.

2. Voir SnsemihK même passage. Lu»'ien goûtait TiT».ment cette aUégorie, qu'il a imitée deux fois. 11 me semble qu'on sent aussi •on influence dans les visions d'IIermas.

LE STOICISME 417

Dans ces divers écrits, s*accuse fortement la tendance profonde du néopytliagorisnie, celle qui en détermine lo caractère essentiel. C'est une école de morale religieuse^ très pure^ mais inclinant au mysticisme; lino école de recueillement, de tradition, de prière, de vie intérieure harmonieuse et paisible, en union avec Dieu; digne par conséquent do tout respect, mais peu faite pour la popularité.

Tout autre était le stoïcisme. Armé pour la lutte, il fiut l'honneur de constituer sous les mauvais règnes une certaine force de résistance et de représenter la protestation de la dignité humaine. Lorsqu'on se rappelle tant de pages éloquentes de Sénèque, tant de beaux vers de Perse et de Lucain, qu'il a inspirés; lorsqu'on le voit d'autre part à l'œuvre dans certains récits de Tacite, oii il apparaît connue le soutien des plus nobles oppositions et des morts les plus courageuses, on est endroit de penser qu'il a dû se montrer non moins lier ni moins militant dans les écrits grecs du même temps. Or cette attente est dé<;ue par les faits. Pour rencontrer un stoïcien, de culture grecque, qui se soit distingué, comme écrivain et comme honnne, par une personnalité tout à fait éminente, il faut aller jusqu'à Epictète, qui appartient déjà presque au siècle des Antonins. Ses prédécesseurs, les maîtres ou les amis des grands Romains du temps de Néron, sont dos hommes de second ordre, très recommaudables par leur caractère et même par un certain talent, mais qui ne font guère que répéter et transmettre sans éclat l'enseignement traditionnel de l'école. Deux d'entre eux seulement retiendront quelques instants notre attention.

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L'Africain L. Annaeus Conmlus * est bien connu conune le maître du poète Perse,, qui a su dire dans des vers célèbres la douceur de son intimité^ sa bienfaisante influence et le charme de sa sagesse socratique 2. C'était un grammairien autant qu'un philosophe, et un Latin d'éducation autant (ju'un Grec. 11 avait composé en latin des Commentaires sur Virgile^ vi\ 10 livres ^ un écrit Sur lu prononciation el t orthographe *, peut-être niénie des tragédies \. et divers ouvrages de rhétorique, dont un traité Des figures de pensée ^ Le seul livre grec qui nous reste de lui est intitulé Abrégé des traditions grecques relatives à la théologie ('EziSpo;/.?; tcôv xarx t/;v éaXxvixt.v Oeo).oyiav 7:apx8eào[iivtdv) '. C'est un résumé sans valeur littéraire, mais fort curieux, des interprétations étymologiques rt symboliques données par l'éc^de stoïcienne à la mythologie poétique el populaire. L'auteur expose brièvement à un enfant ce que d'autres avant lui avaient développé longuement ^ Ces ouvrages antérieurs étant perdus, rien ne vaut aujourd'hui ce petit livre pour montrer ce qu'il y avait de puéril el d'arbitraire dans ces explications d'écoles, qui essayaient de concilier les vieux njylhes avec la philosophie.

\, Sui.lus, V. KopvoCto;. S. Jôroiiio. Chron., an d'Abrah., fOS4. Dion, LXII, ±9. Anon. lie de Perse, — J. Ton Martini, De L. Annaeo Coi'Huto, Lupd. Bat. 1825. Ollo lahn, prôf. do son t'-dit. de Porse

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