Ibid., I
philon; l'écrivain 433
A côté (le ces passages pleins d'élan, on pourrait en citer plusieurs autres où se laisse pressentir un aspect un peu différent de la littérature chrétienne, la méditation grave et triste sur les peines de la vie, adoucie par la piété qui se réfugie en Dieu. Détachons seulement [juelques lignes des pages touchantes où Philon, en géuissant sur les circonstances qui Tout arraché à sa vie ranquille, laisse deviner la consolation qu'il trouve à 'evenir; dés qu'il le peut, à ses hautes contemplations :
« Si tout à coup, duns cette tempête de l'a politique, un instant de calme m'est donné, alors, ouvrant mes ailes, je m'élève au-dessus des Ilots; je m'élance presque dans les routes le l'air, i»orlé par les souffles de la science, qui me conseille sjns cesse de fuir avec elle, do uie soustraire à ce dur esclavage, non seulement drs hommes, ma s «ies affaires, qui fonlient sur moi de tout coté c.ouime les eaux de l'orage Kt poiurtant. dans ces épreuves, il convient encore de remercier Dieu, de ce que, couvert par les vagues, je ne suis pourtant pns en- ^douti. Non, ces yeux de l'ilme, que quelques-uns croyaient fermés à jamais par la perte de toute espérance, je les ouvre toujours, et j'y laisse pénétrer la lumière de la siigesse, sans vouloir abandonner toute ma vie aux ténèbres K »
A coup sur, ce n'est plus \h du Platon : c'est quelque chose de neuf et de personnel, où la poésie de la Bible se mêle aux souvenirs classiques, sous l'influence prédominante d'un mysticisme qui appartient à un autre âge de l'humanité.
Voilà ce dont il faut tenir compte pour apprécier justement l'influence et le mérite de Philon. (]omme penseur, il a été le princi[)al promoteur d'un grand renouvellement de la philosophie ancienne; il annonce déjà le néoplatonisme, et aussi la théologie chrétienne, en ce qu'elle a de conmnin avec celte doctrine ^. Mais son in-