‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 281 sur 605 · FL. JOSEPH; SA VIE · texte numérisé non relu

FL. JOSEPH; SA VIE

Il y avait alors près de deux cents ans que Thistoirc du peuple juif était vraiment entrée dans le cercle des connaissances helléniques. Et toutefois aucun grand ouvrage d'ensemble ne l'avait encore mise, comme un tout, à la portée des Grecs instruits et curieux. L'extension du judaïsme à travers le monde gréco-romain rendait une œuvre de ce genre chaque jour plus désirable. On rencontrait les Juifs sur tous les points de l'Empire, partout organisés en communautés, gardant leurs lois, leurs mœurs, leur religion, partout actifs et industrieux. Il était naturel qu'on désirai savoir qui ils étaient, comment ils avaient vécu jusque-là, d'où leur venaient ces lois si particulières, en un mot quel était leur passé, en tant que race et nation. La guerre furieuse qui éclata en Judée sous Xéroii doima encore à ces questions un intérêt beaucoup plus vif; et (juand le général qui avait commencé cette guerre fut devenu lui-même empereur, quand son fils, Titus, y eut mis fin, en 70, par la prise de Jérusalem après un siège mémorable, il arriva que riiistoire des Juifs se trouva liée jusqu'à un certain point à celle de la nouvelle dynastie, puisque la gloire de Vespasien et celle de Titus provenaient surtout de leur triomplie judaï(|ue.

Or, justement en ce tenîpB, un homme put se croire désigné parles circonstances pour devenir l'historien de la Judée.

Issu d'une famille sacerdotale, Flavius Joseph naquit à Jérusalem en l'an 37 ap. J.-C. * Par les soins de son père Matthias, il retjut dans sa ville natale une éduc tion qui dut être exclusivement juive -. De seize à dix-

4. La principale source (l»j la vio de Joseph est son Autobiographie. Voyez aussi lus doux notices de Suidas.

2. Antiq. juive, ch. xii, 2, où il explique comment il n'a pas appris le grec de bonno heure, et où il dit, en parlant de ses compatriotes : Movoc;6i «ro^tav [xapTupoÛTi roî; ri vô[jLi(xa o'apcô; éici9T0t(X^vûi; xai TT,v Ttôv (epà>v YpajxjiiTwv 5'jvx[jliv ip{tr,vsOaai Suvapifvoi;*

neuf ans^ il s'atlacha à un ermite^ nommé Banous, e vécut avec lui au désert. Rentré dans le monde en l'a 53, il embrassa les principes austères des Pharisiens^ qui étaient, comme il la dit lui-même, les Stoïciens d judaïsme, et il prit part dès lors aux affaires de soiv pays. A vingt-six ans. en 03, sous le règne de Néron* ' 1 fut chargé d'aller négocier à Home la liberté de quel- |ues prêtres juifs, qui avaient été jetés en prison poui les motifs arbitraires. Grâce à la faveur de Poppée. non seulement il réussit dans sa mission, mais il revint chez lui chargé de présents.

A ce moment, la Judée conunençait à s'agiter. Joseph fut un des agents les plus actifs du conseil sacerdotal de Jérusalem, qui essayait de résister à Tenlrainement du peuple, sans se compromettre auprès de lui. Envoyé en fialilée. il dut à la fois négocier et combattre, et y courut les plus grands dangers. A la fin, il fallut en venir à la guerre ouverte avec les Honmins • (;6 ap. J.-C). Défait par Vespasien. alors général de >'éron, à Garis. assiégé par lui dans Jotapata. Joseph fui pris. Mais, s'il faut l'en croire, il eut l'art de prédire à sou vainqueur sa grandeur future * et gagna ainsi sa bienveillance. Après la chute de Néron. Vespasien, proclamé empereur par ses troupes, emmena Joseph à Alexandrie, puis il le confia à son fils Titus, qui le ramena en Judée et le garda auprès de lui pendant tout le siège de Jérusalem. Joseph assista donc en témoin à la ruine de sa patrie 70 ap. J.-r..\ après avoir essayé plusieurs fois, non sans courir de grands risques, d'amener ses concitoyens à cesser une résistaoce inutile. La ville une fois prise, il s'employa, nous dit-il, à sauver les livres saints et le plus grand nombre possible de prisonniers.

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