‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 287 sur 605 · FL. JOSEPH; VASTIQUITÉ JUIVE · texte numérisé non relu

FL. JOSEPH; VASTIQUITÉ JUIVE

inôdiocro. très inférieur aux éloquents écrits de Philon sur le même sujet. Pour que ce livre révélât vraiment la Judée au monde gréco-romain, il eût été nécessaire que l'auteur eût eu plus fortement conscience du grand rôle que la tradition juive était appelée à jouer dans Thistoire de l'humanité. Joseph, quoique intelligent et croyant, était un esprit trop positif, trop attaché aux choses présentes, pour être capahle de ces larges vues. 11 fallait interpréter la Bible eu penseur et en poète : il s'est contenté de la transcrire en chroniqueur *. — Heureusement, cette insuffisance cesse dès qu'il n'est plus enchaîné à un texte vénéré, et voilà pourquoi les derniers livres de l'ouvrage sont pour nous très supérieurs aux premiers. Lorsque Joseph redevient vraiment historien, il retrouve ses qualités. Le caractère et la politique d'IIérode le Grand sont bien étudiés et bien exposés. Le narrateur est un homme de sens, qui comprend les affaires et la politique, qui connaît les passions humaines, sait déniêler les intrigues et mettre en lumière les motifs des actions. Son récit, bien qu'un peu long, a du mouvement, parce qu'il est conduit avec ordre et marche constamment à sa fin; et les tragédies de palais, causées par l'humeur soupçonneuse et jalouse du vieux roi, en rompent dramatiquement la monotonie. Ilérode et Mariamne, Antipaler et les fils de Mariamne, sont des figures vivantes, qui ont été presque populaires chez nous au xvii* siècle, grâce à l'influence du théâtre, inspiré par l'historien juif -. Kn outre, cette partie de l'ou-

1. Sa pensùe doininanto est do démontrer que Diou récompense matériellement C(?ux qui lui sont fidrles t?t punit ceux qui l'oublient : voilà, selon lui, la principale lo<;on à tirer do ce qu'il raconte (Préface, ch. m).

2. C'est au XVII1« 1. de Y Antiquité juive (ch. m, % 3) que se trouve le passage célèbre sur Jésus. Ces quehjues lignes, qui ne se rattachent ni à ce qui précède, ni à ce «jui suit, semblent résulter du mélange de plusieurs interpolations superposées. — h' Antiquité

442 cuAPirns: ii. - d'auglste a domitien

vraiie de Jos^iJi unus fnuniit les reosei^nenieots les plus iolêres^ants sur l'histoire morale et religieuse de la Judée» depuis le tt-mps dis Asuioiu-ens jusqu'à celui de 1 autour, cV>t-à-dire daa> la périinle de son existèuce où elle s\st le plus traiisfornii-e. L'esl par lui surtout «fUe ui*u> oi>nnaisM*us d'une f^<;un précise les Pharisiens, les Sadduotens, les Kssfuieus. Il est vrai qu'on a pu lui repnx^ier avec raiï^.iude chercher à« helléniser s<-> o^'mf»atri\^4f s ' i^. La rî-aiarque est excellente, et elle indique h:<i\ kii qurl s^r.sltrs informations qu^il dinne doiver.î èire en quelque ïorte initt^/^^^s^rt. 11 n'en est f^s moins \rai que. sans lui. ttuîo une partie notable des ànîtcoitnîs ji:dâ'.ques du ohrîstiaiiisoie serait prt->quv îiiinî» lli-Tiivv jour iV'Us.

Ed 5.oLt\Àr.î Mn Js^^'^tii/r j*s i-f. }kv^\\\ annivoçait î'ÎL'.tîiÂÂa de i\-:iîj<*5-tr u:;«»u\ri^t- ru c-jûn? lirres Sur Dttu t: >.-•* •'*>r*i:^ fTfh' ,TS .:\y Vl^ T-al xjl. ttç vWîat^ irirar^ Xi: Tc^- t£> v: Ai»> -. «x: ^^.xrjuii ::'i pn^LaUenxi:: jjis ^:v ^,t;: \jc c.:. >'. ::/:.v t.. -'. . .r iiîijiéché la cc■rLJ^>^-:j-l: >. :u: 1 -i:::\\i.-^;:-. >.».;:•.%♦.* :*ir ies récils d-e 1.4^;.::. :'^ /..'^ \.k i-u:.,; ^:-. ..►-:. :..a-i- ÀvaH son vç .-■--•. :î -i.:- >j: .•>•->. -.: .. i,>.:i:i: -vcènc-menl :*i--:v .r- -t jil-. :.-:...r> sjr It ..r ..::;.:; :..;.: or que J-:âr; i. Ti. :■.:.. i.: :i:r^> .i r.:.-. it> . r.f .3t> du j«^aj>T.u £t .i x.i:^.: .:; \ V::^:..^.. »-, ^^ :îjC-\:le en Expier ■:•. Ir .-X.Ct. -.i.: l.i. «>. .!-.:..: "; x.vutilli cva —r -/. •;.»-: i: "..:.. s *. :: >.-.-> i- ..:r •:•: aSîiirê 'hrr :^ ^ .^T :.-■-. l: >. : .. i > . :>-•'.:•- ;..>..:.-:: :\c :d qu'il

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de discuter. De là, récrit'apologéliquc en deux livres, que nous appelons assez^improprement Contre Apion *. JoSeph s'y adresse à son ami Kpaphrodile, et il entreprend à la fois de démontrer aux incrédules la haute antiquité du peuple juifet de répondre à certaines calomnies des écrivains grecs. Rien ne montre mieux que cet ouvrage à quel point les esprits cultivés étaient alors dominés par la superstition delà science hellénique. Il leur semblait réellement impossible qu'il eût existé près de la Méditerranée une civilisation aussi forte, aussi élevée que celle qu'on attribuait à Moïse, sans que les historiens grecs en eussent parlé. C'est à cette objection, exprimée ou latente, que répond surtout Joseph dans son premier livre. 11 explique l'isolement des Juifs, il montre avec force la jeunesse relative de la société grecque; puis il prouve que les Juifs n'ont pas été aussi ignorés qu'on veut bien le dire, et pour cela, grâce à son érudition étendue, il cite des témoignages empruntés aux historiens Manéthon, Dios, Ménandro d'Kphèse, Bérose, llécatée d'Abdère, qui avaient fait Connaître aux Grecs les vieil les traditions del'Kgypte, de ia Phénicie et de la Chaldée;il y ajoute même quelques autres témoignages isolés, qu'il demande à divers écrivains. Si d'ailleurs tant d'autres n'ont rien dit des Juifs, il l'explique par des sentiments de jalousie, dont il trouve la preuve dans les calomnies qui couraient le monde (c. 23), et qu'il se met alors à réfuter (c. 24-rin). — On voit que, dans tout cela, il n'est pas même question d'Apion. Celui-ci fait le sujet d'une partie seulement du second livre*. On a vu plus haut (p. 103) qui était ce singu-

1. Ce Utre se trouve déjà dans Euséhc, //. Eccl., III, 8, 2, àvttppr,<rei; itçioi 'Aîciwva. Porphyre (De ahsUn., IV, IJ) Tappello bien plus justement II pbçTo'j; 1E).>.T,va;.

3. Cette partie no nous est pas parvenue complète, en grec du moins. Pour les eh. v-ix, nous n'avons plus qu'une traduction latine, qui supplée au texte.

lier personnage. Son outrecuidance et sa légèreté expliquent le ton do mépris que prend Joseph dans cette partie de son apologie, où il ne trouve en effet à réfuter que des affirmations sans valeur. Quand il on a fini avec Apionjl entreprend, contre Apollonios^Molon et Lysiniaque, la défense des lois juives (à partir du chap. 14 jusqu*àla fin); et, sans doute, il dut faire entrer dans ces chapitres la substance de ce qu'il s'était proposé de développer dans ses livres projetés sur Dieu et sur les lois.

Cette apologie a du être opportune et par conséquent intéressante, lorsqu'elle parut. Mais, comme beaucA>up d'apologies, elle a perdu une partie de son intérêt en gagnant sa cause. Personne aujourd'hui ne songe à mettre en doute l'antiquité d'Israël ni à considérer les Juifs comme une bande de lépreux chassés d'Kgypte. Par suite, nous ne cherchons plus guère dans l'ouvrage de Joseph que l'attestation curieuse de préjugés disparus, et nous y retrouvons avec plaisir un c(»rtain nombre de fragments d'historiens perdus. Les derniers chapitres, où il expose et loue la loi de son peuple, sont restés plus vivants. Le sentiment en est lier: on y voudrait un esprit plus philosophique: l'auteur a toujours quelque peine à se détacher du détail minutieux et à dégager les idées générales.

Le dernier écrit authenti(|ue de Joseph semble avoir été son Autobiographie, t|ui fut composée peu après V Antiquité juive vi semble y avoirété rattachée. L'auteur nous y renseigne en délaiisur son éducation, sur sa vie privée et publitpie. en complétant sur quelques points ce qu'il avait dit déjà dans sa Guerre des Juifs, L'ouvrage est intéressant à lire, non seulement en raison des faits précis qu'il énonce, mais parce qu'il découvre au mieux le caractère de ceUii (|ui se mi*t ainsi en scène. 11 y apparaît avec sa vanité naïve, sa pleine satisfaction

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