‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 346 sur 605 · SUCCÈS ET MŒURS DES SOPHISTES · texte numérisé non relu

SUCCÈS ET MŒURS DES SOPHISTES

même ville, une chaire impériale pour le même enseignement ; et il y appela un des disciples d'Hérode Atticus, Théodote*. Partout, d'ailleurs, soit à Rome, soit dans ses voyages, il témoignait le plus vif intérêt aux sophistes en renom; il allait les entendre et les comblait de présents -. Ce fut probablement lui aussi qui institua à Rome la chaire de rhétorique grecque, où parurent successivement Philagrios de Cilicieet Adrien de Tyr '. 11 faut ajouter à cela que l'administration impériale offrait aux beaux esprits un certain nombre de places recherchées soit dans la chancellerie, soit dans certains offices judiciaires *.

Ainsi encouragés par l'opinion publique, par les villes et par l'État, les sophistes devinrent, dans le cours du second siècle, une classe d'hommes singulièrement en vue, dont la vanité dépassa quelquefois toute mesure. Parmi ceux dont Philostrate a raconté la vie, les plus illustres, les Scopélien, les Polémon, les Hérode Atticus, donnèrent tous des preuves d'un orgueil maladif. Quand Adrien de Tyr professait à Athènes, il paraissait dans sa chaire, vêtu des plus riches habits et chargé de pierres précieuses ; il venait faire ses conférences sur tin char dont les chevaux portaieirt des mors d'argent, et il s'en retournait ensuite chez lui comme un triomphateur, escorté par une foule d'admirateurs qui affluaient de toutes les provinces grecques '. De telles fo-

1. Philostr., V. Soph., II, 2. Les honoraires étaient de dix mille «Jrachmes. Ibid, H, 1.

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