‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 359 sur 605 · G. F, Ranke, LiMiin und Poiliix, p · texte numérisé non relu

G. F, Ranke, LiMiin und Poiliix, p

la beauté, sans idées et sans élégance. Le court traité Sur tAsirologie (II«3i àcTpoXoytYi;), en dialecte ionien, offre une imitation artiiicîelle de la manière et du style des vieux philosophes ioniens; l'auteur feint de croire à l'astrologie, mais il la réduit en fait à peu de chose; il est d'ailleurs incrédule à l'égard de la mythologie, qu'il interprète à la façon d'Évhémère. Nous ne reconnaissons pas là le tour d'esprit ordinaire de Lucien ; tout au plus, pourrait-on y voir un exercice de style, ou une fantaisie de lettré, appartenant à sa jeunesse, s'il n'était bien plus probable que l'ouvrage lui a été attribué simplement en raison de sa tendance générale. L'opuscule Sur la déesse syrienne (IleptryiçSupiïi; 6ioû), également en dialecte ionien, est une description du temple d'Iliérapolis et des cérémonies qu'on y célébrait; le mélange curieux de crédulité et d'observation critique qui s'y fait remarquer dénote un tout autre esprit que celui de Lucien : rien d'ailleurs ne lui ressemble moins que l'exactitude minutieuse dont l'auteur fait preuve; il n'a de commun avec Lucien que sa nationalité, car il se donne pour Syrien (c. 1).

La présence de ces écrits apocryphes dans la collection de Lucien autorise a priori à en tenir pour suspects un certain nombre d'autres ; car elle prouve que le recueil a été composé sans esprit critique et sans garanties suffisantes. De là des doutes, qui ont été parfois poussés fort loin. Bekker, dans son édition, exclut comme apocryphes 28 écrits divers, sans d'ailleurs donner de raisons. D'autres, avant ou après lui, sans se montrer aussi sceptiques, ont rejeté tels ou tels écrits; par exemple le Traité des Sacrifices, le DémonaXy VAne^ les drames en vers, 1rs Épigrammes, etc. Contentons-nous de remarquer ici que ces doutes ou ces exclusions reposent plutôt sur des impressions personnelles que sur des preuves vraiment probantes ; et il arrive souvent que ces ini-

pressions ne tiennent pas assez de compte des conditions particulières de certaines compositions '. Sans nous attacher par conséquent à un parti pris do conservation absolu, disons qu'il y a lieu, dans la plupart des cas, de »c délierdc jugements trop prompts. Au reste, les écrits dont raullienticité est certaine sont assez nombreux pour tjuc l'appréciation du caractère et du talent de Lucien demeure en lin de compte parfaitement solide.

Ces écrits ne peuvent plus aujourd'hui, faute de rensei^'nenu-nts précis, être rangés dans un ordre chronolojfique rigoureux. Mais comme quelques-uns d'entre eux |iourlant ont des dates, au moins approximatives, et que «eux-Ià penneltcnt d'établir, dans la vie de Lucien, certaines époques, il n'est pas impossible de répartir les autres, d'après leurs caractères, entre les grandes phases tie sa carrière d'écrivain '.

\u début, se [daceiit d'abord les exercices de pure rliétorique, le Mfurtrîer du tyran (Tupawo^TÔvo;), le Fils chasse par son/tère {'A7:ox.T,îUTTi[«.£vo;). les deux Phalaris, <]iii n'ont d'aulre intérél que de caractériser la période où Lucien appartenait entièrement à la sophistique; puis, loul àcôté. YÈloge de la mouche (Muîj; i-p^û^iûv), VATtïhre (lIe^îiT,î.î'i<"pou), les Dip'iades (Htsi tùv Sujrâîuv), la Salle (Ile:; tou oÎxo'j), \k Jugement des voyelles (Atxn çw/nsvTUV), eiilin VÈloge de la patrie (IIïTfîSo; Èyx(ô|Jiiov),

1. C'i'St ainsi par pxpuiplo que IcDémiinaj^, dans louta la sui^ondi! Ijurlie, aenible liéincntir son origine ; ce n'est qu'une colleclion lie mois et (l'anvi'itotcs : iiinis, àprunilrp l'ceuvredunsson enscniliic, on y reconnaît Lucien it hïva des Iraits; el dès iors, on peut supposer, ou qu'elle n'a pas été achevée, ou plutùt qu'elle a âté abrégée et ronianiée ; Toir Schivarz. Ubei- Lukiani Dntwinax. Zeilsclir. f. ostiTr. Gymnas. )8T8, j.. ôel, et ZleiieiiT, .Jalirh. f. Philol,. 1881, p. 327. — Quant it inettri' en doute l'authenticité d'unoœuvre telle que le Vercfirinui (Cockerill. Peiei/riiiia Fi-vlem, Edinburgh, )819), c'est. i. mon avis, prendre parti contre l'évidericc même.

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