‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 360 sur 605 · Maurice Crois.'!, Eaiai 3. Laden, c. IL · texte numérisé non relu

Maurice Crois.'!, Eaiai 3. Laden, c. IL

'j92 ClIAP. IV.— sophistique SOUS LES ANTOXIXS

VHippias, ol le Pseudosophiste, si ces trois morceaux Honl vraiment de lui: non que ces diverses compositions aient une date certaine, mais parce qu'en tout cas elles ne révèlent dans leurauteur que le bel esprit, très habile à plaire. Tout cela est spirituel, fin, coquet, quelquefois amusant, mais sans aucune portée. Toutefois, dans la Salle, les descriptirms sont d*un artiste délicat, et le Jugement des voyelles, sous sa forme plaisante, offre un intéressant document, relatif àla prononciation contemporaine. Il est problable qu'au milieu de ces futilités brillantes doit être insérée une œuvre plus sérieuse, le Mffrinus, où Lucien raconte un épisode de sa jeunesse, sa visite au philosophe Xigrinus à Rome, leur entretien, et rémotion vive, mais passagère, qu'il en ressentit *. iU'. fut comme une brusque apparition de la philosophie dans cette vie de succès frivoles, et il Ta notée en traits frappants. Cette première série d'œuvres se clôt par le Songe (Heft toO ivuTTvioi»), où Lucien, déjà connu, -et rentrant dans son pays, raconte son enfance à ses compatriotes de Samosate ; par les Portraits (ElxÔDfe;;) et la Défense des Portraits (/l'î^^p 'roiv Etxovwv), dialogues composés, comme on l'a vu plus haut, en 163, et dans lesquels l'auteur fait ingénieusement l'éloge de la belle I^anthéa de Smyrne qu'aimait alors l'empereur Lucius Verus; enfin, par la jolie satire Sur la manière d'écrire l'histoire (IIû; Seï (cropiav (juyypxçeiv), écrite peu avant la fin de la guerre des Parlhes, qui se termina en 165. Une seconde série d'écrits commence vers ce temps et rempHt hi plus grande partie de la vie de l'auteur. D'une manière générale, ils ont tous un caractère philosophi- <|ue, plus ou moins [)rononcé. dette série s'annonce par ledialogue sur hi Pantomime (llepî ôpyridea);), YAnacharsis

1. Wotzlar, Commentatio de Luciani xtate, vita et scripfis, Marburg, i833. M.Croist't, le Nigrinus de Lnnen, Mrm. de TAc. des Se. et Lettres (lo Montpellier, t. VI.

et le Toxarisy si ces trois compositions sont vraiment de Lucien. Dans le premier, l'auteur défend l'art de la pantomime contre les condamnations ou les préjugés des moralistes, ce qui l'amène à nous donner sur cet art quantité de renseignements intéressants. V Anacharsis se rapporte à la question du rôle et de l'utilité de la gymnastique. I.e Toxaris est surtout un recueil de traits d'amitié, agréablement contés. — Mais c'est à partir de VBermotime, composé par Lucien à quarante ans *, probablement en 16G, qu'il est vraiment lui-même. Son parti est pris en matière de pbilosophie : il repousse le dogmatisme métaphysique, pour s'en tenir au sons commun et à un scepticisme mitigé. Dans la Double accusation, qui est à peu près du même temps -, il déclare hautement sa rupture avec la rhétorique, art de mensonge et de coquetteries puériles, indigne d'un homme sérieux, et il délinit le dialogue satirique, dans lequel il débute avec éclat . La jolie scène intitulée les Sectes à Cencan semble lui'avoir valu en ce genre un succès particulier, non sans quelque scandale. Ce scandale fait justement le sujet du Pécheur, véritable profession de foi philosophique Tet satirique, où il se déclare investi par la philosophie elle-même de la mission de démasquer toutes les impostures. Très certainement, ces quatre compositions ont dû se suivre à fort peu d'intervalle.

Autour d'elles, se groupent tous les dialogues satiriques; quelques-uns, peut-être antérieurs, mais de peu, à ces manifestes retentissants; la plupart, ou contemporains, ou écrits sans interruption dans les années immédiatement suivantes. En général, la satire morale y est mêlée à la raillerie des mythes et des croyances ; toutefois, en proportion inégale. La morale prédomine dans

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