‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 378 sur 605 · Walz, III, i ; Spenpf.], II · texte numérisé non relu

Walz, III, i ; Spenpf.], II

4. Sur celte doctrine des fr'i'jz.^, et »n général sur toute celte rhétorique lt:chniqui.',ruuviagt.' à consulter est Volkmann, Die Me-

LA RHÉTORIQUE : IIERMOGÈNE 633

(Ml quatre livres, dédie îi un certain Julius Marcus ; l'auteur v étudie successivement les ressources de Tinvent ion oratoire dans les exordes (1. I), dans les narrations (1. Il), dans les preuves {}. III), dans le style (1. IV). Un troisième écrit en deux livres, le plus connu de tous, traite des Espèces de style (Hepl (Ssûv). Hermogène s'y est proposé une tàclie qui lui paraissait nouvelle », celle de définir chacune de ces espèces avec plus de précision qu'on ne l'avait fait encore, et, par conséquent, d'offrir les moyens de les produire toutes à volonté; il faut reconnaître qu'elles sont en eflet caractérisées et analysées par lui avec une subtilité remarquable. Les derniers chapitres contiennent une série d'appréciations critiques sur divers auteurs, qu'il cite en exemples. Enfin, cet ensemble se complète par un court traité, assez improprement intitulé Sur la méthode de l'éloquence (llepl [i^SoSou Seiv3Tr,To;), qui contient en fait des notes passablement incohérentes sur diverses particularités du style oratoire.

Ce qui manque le plus à Ilermogène, c'est l'esprit philosophique. Non seulement cet ensemble considérable n'est dominé par aucune vue générale, mais, dans le détail même, jamais le moindre effort pour remonter aux principes, pour ramener par exemple la rhétorique à la psychologie et à la logique, ou tout simplement pour synthétiser ses observations. Ses écrits, indistinctement, se réduisent à de simples recueils de définitions, d'exem pies et de recettes. Son mérite propre, assez vain d'ailleurs, c'est la finesse dont il fait preuve dans les divisions et les distinctions. Malgré cette médiocrité, Her-

iorikd. Griechen und lUJnwr, Leii)zig, 2« éd. 1885 {abrogée dans lo i|#a«M^/ d'Iwan Millier, t. JI).

1. flsp'i cGîôiv, i, (p. 267 Spengol} : Oùok yap toriv offTi; «pb T)pLû)v 6<tol i[Li -yivojdxgiv £Î; tt,v6£ tt.v r.pLepav àxpi^é; ti iiep\ tovtwv icpaY{iaTeu(rà(i.evd; çasverai.

niogène a eu dans les dernicTS siècles Je l'hellénisme une réputation durable : toute la rhétorique pratique était coniuie condensée dans ses écrits sous une forme élé mentaire ; il en devint le représentant par excellence. De siècle en siècle, les professeurs ne crurent pouvoir mieux faire que de répéter ce qu'il avait dit ou de le commenter. Citons, parmi ces commentateurs, le phrygien Métrophanès, de date inconnue, dont Touvrage est perdu * ; le néoplatonicien Syrianos * et le sophiste Sopatros au v« siècle; les critiques Marcellinos, Troïlos, enfin plusieurs Byzantins, dont les plus connus sont Grégoire de Corinthe et Planude ^ Cette longue popularité prouve simplement qu'IIermogène a contribué plus que personne à faire de la rhétorique, autrefois vivante, une scolastique immuable et stérile.

Les maîtres de rhétorique, qui étudiaient les méthodes du discours, avaient pour auxiliaires naturels les grammairiens, qui déterminaient les règles du langage, et les lexicographes, qui établissaient en quelque sorte l'état civil des mots. La grammaire et la lexicographie, fort actives au second siècle sont aussi en ce temps, l'une et l'autre, en rapports plus étroits que jamais avec la littérature.

La théorie granimaticale, comme ou Ta vu plus haut, semble être restée longtemps ce que lavait faite Denys le Thrace au premier siècle avant notre ère. Au second siècle seulement, un progrès important se produit avec Apollonios Dyscohî et son fils Hérodien, probablement sous riniluence de la rhétori(|U(î et de ses méthodes d'analvse.

i. Suidas, Mr,Tpo?âvr,; EùxapTiia;.

2. Dernière édition : Hugo Rabe, Syriani in Ifermogenem commentaria (Bil)l. Teubncr), 1894.

3. Leurs cominoutairesont été recueillis, au moins partieUement, dans les Rhet. grœci do Walz.

GRAMMAIRE : APOLLONIOS DYSGOLK G35

Apollonios, surnommé A'j'txoXo; (le difficile), était un grammairien d'Alexandrie, qui enseignait dans cette ville au temps d'Adrien. Nous ignorons tout de sa vie, mais son œuvre nous est assez bien connue K Sans avoir peut-être encore l'idée de constituer un cours de grammaire complet d'après un plan méthodique, il entreprit du moins d'approfondir, dans des écrits spéciaux, la plupart des points de la grammaire d'alors. Beaucoup de ces écrits se sont perdus. Les seuls que nous possédions sont les quatre suivants : Du Pronom (Ilepi *AvTU)vo{i.{aç), Des Adverbes (Ilapi 'ETrippYijxxTCùv), Des conjonctions (Flepi SuvSecfjuov), et enfin la Syntaxe (IIspl SuvràÇeco;) en quatre livres. Les plus importants, avec ce dernier, étaient les traités perdus Sur la division des parties du discours (Ilept aepwpLou tûv tou )v6yoii (xapcov) en quatre livres. Sur le nom IIepiôvo[j!.âTci)v) et Sur le verbe (Ilapl prî{«.àTù)v). Ce serait sortir de notre sujet que d'étudier ici en détail la doctrine et la méthode grammaticales d'Apollonios. Ce qui le distingue, en un mot, c'est moins d'avoir fait définitivement de la grammaire une discipline spéciale, cjue de f l'avoir constituée comme science par une série de théories réfléchies. Doué d'une faculté d'analyse remarcpiahle, il a commencé à se rendre compte, bien mieux qu'on ne l'avait fait avant lui, de la vraie nature du langage et de ses éléments. Grâce à lui, certaines explications routinières ont disparu à jamais, et, en revanche, beaucoup de vérités ont été solidement établies, soit par des vues heureuses, soit par de bonnes définitions, qui ont montré les faits sous leur vrai jour -. C'est là un mérite qu'il

i. Suidas, 'AiroX/.tuvio; ; B:o; anonyme. E. Egger, Apollonius DyS' cale. Essai sur Vhistoire des théories grammaticales dans Canliquité, Paris, 1S54. — Pauly-Wissowa, Apollonius, 8i, article substantiel de Gohn, contenant une bonne bibliographie.

2. Voir par exemple {Syntaxe, I, p. 53 Bekker) comment il réfute

C3G ClIAP. IV.— SOPHISTIQUE SOUS LES ANTONINS

convient de ne pas diminuer. Mais, d'autre part, il ne faut pas attribuer à Apollonios plus de philosophie qu'il n*en a. Plus clairvoyant dans les détails que dans les ensembles, il n'a pas su fonder la syntaxe sur l'étude de la proposition: de là, quantité d'observations sans portée, d'autant phis erronées souvent qu'elles sont d'ailleurs plus ingénieuses. Ajoutons, sans lui en faire un reproche, qu'il n'a pas plus qu'aucun de ses prédécesseurs l'idée du développement historique d'une langue. D'ailleurs, son style est obscur. Avec une intelligence juste des convenances de son sujet, il vise en générarà la concision des formules ; mais sa langue est abstraite, technique; il dit lourdement et péniblement des choses qui pouvaient être énoncées beaucoup mieux dans le langage de tout le monde. Un grammairien peut se montrer écrivain en traitant de la grammaire; Apollonios ne l'est à aucun degré. Cela ne l'a pas empêché d'exercer une influence durable et justifiée. 11 était le premier qui eût composé une syntaxe savante; celle qu'il avait faite, tout incomplète qu'elle nous paraisse, est restée comme le fondement sur le(juel se sont appuyées désormais toutes les grammaires de l'antiquité ^

Presque aussi renommé comme grammairien que son père, le filsd'Apollonios, Ilérodien, qui vécut sous Marc- Aurèle et professa à Rome, lui est en réalité très infé-

ceux qui pensaient que l'article servait à * distinguer les genres», et (lu même coup pose en principe que chaque partie du discours procède d'une idée qui lui est propre : "Exafftov 5è aÙTûv è| lôta; evvota; ivûiYeTai. Ihid., p. 2G *. e Le propre de l'article, c'est un rapport^ qui consiste à représenter une personne dont on a parlé précédemment » (^(7rtv ojv i^tov àp^pov if, àvafopdt r^ itrzi TcpoxatteiXcYytévou Tcpoffcônou «apatffTaTixT,), et, partant de là, il montre que ce rapport se retrouve lorsqu'on parle d'une personne connue» lorsqu'on mentionne le genre entier, etc.

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