Suidas, "lipuv Kôrjo
4. Suidas, IIaXa|iT,ûTi; 'EXsaTixi;. Athén. IX, 397. — Citations dans Etym. magn, *Ap[iaT6iov jxiXo;. Schol. Arist. Paix, 88?, 922; Guêpes, 710 ; Plutus, 313. Schol. Apoll. Rhod. I, 704; III, 106.
5. Suidas, IIoXuîeûxT); NauxpaTtxT);. Philostrate, V. des Soph., II, 12.
6. llemsterhuis. Prof, de son édition. E. Ranke, De PoUuce el Luciano, Quedlinbourj?, 1831.
7. Pass. cité : xi fièv xptnxà txavâ>; fj<TxeÎTo,.., to*j; 8k aof ivtixoù; tôv Xoywv TéX|iYj (i.âXXov yj Tê/vr, ^gvsoaXXe 6appr|<ra; tv; fûaci.
646 GHAP.IV.— SOPHlSil'jUE SOUS LES ANTONINS
que objet, les termes divers par lesquels on peut ou le désigner, ou le qualifier, ou énoncer les idées qui s*y rapportent. ]j*Onomasttcon, divisé en dix livres, passe donc en revue successivement toutes les choses principales dont on peut avoir occasion de parler dans un discours; et, pour chacune d'elles, il donne des listes de noms, qu*il distingue quelquefois les uns des autres en précisant leur signification, des listes d'adjectifs et de locutions, dont il marque l'emploi *. Kn outre, quand il reste de la place à l'auteur à la fin d'un livre, il ajoute des listes de synonymes. Véritable encyclopédie par conséquent, assez mal ordonnée, et réduite souvent à n'être qu'une nomenclature, mais qui contient aussi des explications utiles, des citations intéressantes, et précieuse en somme pour la connaissance de l'antiquité -.
A défaut de chronologie sûre, certains indices nous autorisent à mettre à côté de Pollux un autre lexicographe renommé, Valérius Harpocration, d'Alexandrie, auteur du Lexique des dix orateurs (AéÇei; tûv Ssxa pYiTopwv), si utile à l'intelligence des orateurs attiques '. Suidas nous a mis dans un grand embarras en négligeant
1. Signalons spécialement le livre IV, qui traite do la musique, de la danse, du théâtre etc., le livre IX, où il énuniére les monnaies (c. 51 et suivants).
2. Un manuel de conversation grcîc-liitin, inlilulé *Ep{xr,v£C|xaTa, a été attribué par Boucherie à J. Pollux {Notices et extraits, t. XXII, p. '610); on Tattribuail auparavant à Dositliéos. Krunihacher a démontré que ni l'une ni l'autre de ces allrilnitions n'était justifiée ; l'ouvrage est, selon lui, d'un inruiinu du début du iir siècle (Krumbachcr» De codicihus quifms intrrpretnmentu pseudodosilfumna nobis tradita sunt, Munich, 1S83). Il n'est d'ailb.'urs intéressant que pour l'histoire de la langue.
3. Sui .as, 'ApîioxpaTÎwv ô BotÀlpio; xpT^ifA3i7Î<y«c- On peut se demander si Suidas, en cette ciri'oiistance comme en d'autres, n'a pas fait plusieurs personnages distincts d'un seul. Le sophiste ^Elius Harpocralion et le grammairien Caius Harpocration, qu'il distingue de Valérius Ilarpocratiun, se seraient i)ourtanl, d'après lui, tous occupés spécialement des orateurs attiques. Cela est assez étonnaitt.
LEXICOGRAPHIE : HAB POCRATION 6i7
(rindiquer en quel temps il a vécu * ; mais comme il le nomme après plusieurs autres personnages du même nom, il y a quelque raison de le croire moins ancien qu'eux; et Ton est ainsi tenté de l'identifier avec l'Harpocralion que J. Capitolinus mentionne parmi lesgramrtiatici yrœci qui contribuèrent à l'éducation du jeune /Elius Yerus {Verm, c. 2) 2. Si cela est exact, il aurait vécu sous le règne d'Antonin et de Marc-Aurèle. Rien dans son ouvrage se s'oppose à cette conjecture ^ Les autres écrits d'Harpocration sont perdus *. Le Lexique subsiste sous deux formes, l'une plus complète, qui est l'original mémo, sauf quelques passages écourtés ou mutilés, l'autre abrégée \ 11 est difficile, dans l'ignorance où nous sommes des sources de cet ouvrage, d'apprécier sûrement le mérite propre de l'auteur : ce qu'on peut dire, c'est qu'en tout cas, il fait preuve partout d'une érudition sûre et solide, de connaissances variées et précises, d'un goût juste et de lectures étendues. En même temps qu'il étudie la langue des orateurs, il nous in-
1. E. Meier, De œtale Uarpocraiionis commentatiuncula^ J843 et 18o5 (Oi»usc. Acad., t. II), faisait d'Harpocration un contemporain de Tibère ; B^rnhardy, Qu,Tstionum de Harpocr. œtale aurtarium. Halle* 1856, 1»^ place au temps d'Adrien ; Dindorf, Préface de son édition, à la fin du second siècle ; H. do Valois (Préf. de l'édit. de Gronovius, Leydo. 1682), au temps de Lihanios.
2. Une scolie do l'Iliade (Venct. A, cli. X, 453) porte rTxvTa taTopeï *ApiroxpaTé(i)vô Atou ocfiâo-xa^o; iv Tcoir,fiaTt tt,; c. 11 va sans doute lieu d'? lire avec Bast év jiropLVTjixaTi tt,; î, c'est-à-dire dans son comment.iire sur le x« cliant; mais, au lieu de Atou, personnage inconnu, ne devrai l-on pas lire AtXtoy (OCripo-j)?
3. Il est vr:ii qu'il ne cit* ni grammairien ni lexicograpiie qui se.iible postérieur au temps d'Auguste; mais cela s'explique aisément, si l'on soufre que depuis c«* tomi)S il n'y avait guère eu de travail ori^ânal sur l-*s orat«'urs.
4. Suidas attribue à Val. Ilarpocration une Anthologie ('.\vOr,po)V ff-^vavwyr,). Il attribue îi (laius Harpocration des traités sur Antiphon, llypéride <'t Lysias; îi .-Elius Harpocration. des écrits sur les orateurs, sur Hérodote, sur Xénophon, sur la rhétorique.
o. Voir la bibliograi>hi(.' en tête du chapitre.
fornio d'une foule de détails intéressants, relatifs aux antiquités athéniennes, aux question.^ de droit, aux usages religieux et civils, aux magistratures. Ses explications sont nettes, sans bavardage, appuyées sur des témoignages de valeur. 11 résume pour nous rérudition alexandrine et supplée heureusement à bon nonibre d'auteurs perdus.
Avec la lexicographie, une autre forme de production philologique qui fut alors encouragée et favorisée par la sophistique est la parœmiographie. Dès le temps d'Aristole, et peut-être antérieurement, on avait commencé en Grèce à recueillir les proverbes courants, à en faire des collections. Les plus célèbres et les plus complètes avaient été constituées à la fin de la période alexandrine par Didyme et le crétois Lucillos deTarrha. On les réunissait alors par curiosité, par érudition, ou dans une intention morale. La sophistique en fit un des ornements du discours, et par là même les mit singulièrement en honneur. Un orateur (|ui voulait plaire devait en avoir une ample provision à son service, pour relever à propos une pensée générale et orner un développement.
Ce fut pour répondre à ce besoin (jue le sophiste Zénobios composa, au temps d'Adrien, un abrégé en trois livres des recueils de Didyme et de Lucillos (*E77ito[i.yî tûv wapoipôv AiS'j(i.ou xai Taipaîou ev [ivêXioi; tcmtî '). Comme le titre même l'indique, c'est une réduction de travaux antérieurs plus complets: Zém^bios n'a fait que fondre ensemble deux recueils plus développés, dont il n'agardé que l'essentiel, à savoir le texte même des proverbes, avec une courte explication de leur origine et de leur sens. Son abrégé s'est conservé comme un des éléments
i. Suidas, Zt}v66io;.
PARŒMIOGRAPHES, MÉTRIGIENS, ETC. 649
d'un Corpus paroemiographorum formé au moyen âge, et dont nous parlerons plus loin (ch. VII, sect. II, fin).
Après toutes ces formes de la philologie, la métrique et la musicographie ne peuvent guère figurer ici que pour mémoire.
On a vu plus haut ce qu'était devenue la métrique dans la période alexandrine et au début de l'empire. Elle ne change guère au second siècle.
Bornons-nous à nommer Dracon de Stratonicée, qui dut vivre, au plus tard, au commencement de ce siècle; caril est cité par ApoUonios Dyscole {De Pronom, p. 20) *. Suidas lui attribue, outre divers ouvrages de grammaire, des traités 5i/r/e5 mètres. Sur les drames satyriqueSj Sur les rythmes de Piîidare, Sur les mètres de Sapho, Sur les rythmes d'Alcée. Il ne nous reste rien de tout cela, sauf ce qui peut subsister du traité sur la versification de Pindare dans les scolies afférentes à ce poète. Le traité Des mètres que nous avons sous le nom de Dracon n'est qu'une falsification datant du xvi® siècle 2.
Héphestion nous est bien mieux connu, car nous avons encore un ouvrage de lui, qui est le résumé de sa doctrine. C'était un grammairien d'Alexandrie, probablement celui qui fut, avecTélèphede Pcrgame et Harpocration, chargé de l'éducation grammaticale d'/Elius Verus '. Il vivait donc au milieu du second siècle. Divers ouvrages de critique littéraire que lui attribue Suidas n'ont laissé aucune trace ; mais nous possédons encore son Manuel de métrique ( 'EyyeiptSiov Treol (/irpcov) et une partie de son Traité de la composition poétique
\. Suidas, Apax(i>v i^TpatovixsO;.
2. Draconis Libei" de Metris poeticis, e«I. G. llermann, Leipzig, 1812. Sur la falsification, voir Voltz, De Helia momicho, Isaaco monacko, Pseudo-Draronc, 18S6.