‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 396 sur 605 · Inde, c. 17, cf · texte numérisé non relu

Inde, c. 17, cf

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beaucoup de faits curieux, à l'usage de ceux des lecteurs de son Expédition d'Alexandre, que cet épisode intéresserait plus spécialement*. — Du second ouvrage, nous ne possédons plus qu'un résumé assez court dans Pliotius (cod. 92). Nous y voyons qu'il embrassait les évé nements des années 323-321, depuis la mort d'Alexandre jusqu'au retour d'Antipater en Europe. Il est diflîcile de dire pourquoi Arrien s'était arrêté là et s'il avait eu l'intention de pousser plus loin. Au reste, le résumé que nous possédons ne permet de juger ni de son originalité ni de son mérite littéraire 2.

(!le fut probablement après avoir beaucoup écrit d'après les autres qu'Arrien se risqua à faire œuvre plus personnelle en abordant le récit d'événements contemporains. Son livre Sur les Alains (Wkcofixfj), qui ne nous est plus connu que par une simple mention de Pbotius', datait peut-être du temps de son gouvernement de Cappadoce. Mais son œuvre la plus personnelle et la plus importante fut l'bistoire de la Guerre des Romains et des Parthes sous Trajan (llap9ixr)), en dix-sept livres*. 11 ne nous en reste malheureusement aucun fragment; ce qu'en dit Pliotius (cod. 58) est tout à fait insuffisant pour nous en donner même un apen;u.

1. Il renvoie ;i plusieurs reprises à son Expédition d* Alexandre et donne son nouveau livre comme un supplément indépendant (c. 19, 23, 26, 43). Il l'avait du reste annoncé dans son Expédition (V, 5, 1).

2. I/historien Dexippos, au iii« siècle, semble avoir mis à profit l'ouvrage d'Arrien dans celui qu'il composa sous le même titre. Voy. Photius, cod. 81 ! 'AppiavôixoiTà ToitXeî<TTov auiiçcova ypdtftov.

3. Si cet ouvrage était surtout un récit do ses campagnes, on peut supposer, comme on Ta vu plus haut, que le Plan de bataille contre les Alains en a été extrait.

4. La date relative de cet écrit se déduit de ce qu'Arrien, d'après Photius (c. 93;, justifiait, dans la préface de ses BiOuviaxi, les relards (ju'il avait mis à publier cette histoire de son pays eu citant les autres ouvrages qui l'avaient occupé. Il citait les biographies de Dion et de Timoléon et l'histoire d'Alexandre, mais non la guerre des Parthes. Celle-ci est donc postérieure aux BiOuviaxa.

Un écrit tn>s spécial, [ropuscule Sur la Chasse (KuvtjysTixo;), est venu jusqu'à nous. Xous en ignorons absolument la date *. Arrien s*y propose de compléter le traité de Xénophon sur le même sujet. Au milieu de détails purement teclmiques, on y trouve quelques descriptions, qnelques souvenirs personnels, et même des traits de caractère, qui ne manquent ni d'intérêt ni d'agrément *. — Enfin nous savons par Lucien (Alexandre, c. 2) qu'il avait écrit aussi une Vie du brigand Tilliboros, personnage entièrement inconnu.

C'est sur son Expédition d'Alexandre que nous devons aujourd'hui le juger, comme historien et comme écrivain. I^e choix du sujet en lui-même est déjà caractéristi que. Si Arrien eût été doué d'un génie vraiment oiiifinal, il n'eut pas été tenté sans doute par celte histoire très ancienne, d'autant qu'il n'avait à sa disposition aucun document nouveau qui lui permît de la rajeunir. Mais ce qui aurait éloigné un esprit plus curieux de nouveauté fut peut-être justement ce qui l'attira. Dénué du goût do la recherche, il aimait à juger, à classer et à simplifier. Or. pour traiter ce sujet, il disposait de plusieurs récits bien informés et complets, sans parler de ceux où l'élément fantastique prédominait. Sa tâche était de les critiquer les uns par les autres, de les concilier autant que possible, enfin de les fondre en un nouveau récit, qui deviendrait ainsi le plus vraisemblable de tous en môme temps que le plus clair. C'était bien l'affaire de son esprit judicieux et lucide. Ajoutons que le côté militaire du sujet, qui était à ses yeux le principal, dut plaire à l'ancien général qui survivait en lui chez l'écrivain. D'autant plus que la ré<*ente expédition de Trajan en Asie, dont il avait pu recueillir les souvenirs

1. On voit seulement, pur le c l, que l'auteur était alors fixé k Athènes, ou du moins se considérait comme Athénien.

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