Lettre à Hérod
MORALE D*ËPIGURE 65
cours des atomes produit des mondes inGnis. Dans chaque être et dans chaque objet, les atonies sont toujours en mouvement; ceux de la surface s'échappent, aussitôt remplacés par d'autres, et vont frapper les sens Je l'observateur, qui perçoit ainsi les images (6Ï&l>Xx^ des objets réels et solides (GTEcgftvix). L*âme est un corps plus subtil, infus dans le corps proprement dit. Après la mort. cette âme se disperse i^Sia<77:e{p€Tai), et perd ainsi toute sensibilité, comme le corps qu'elle a quitté '. Quant à imaginer un être incorporel, c'est une folie : il n'y a d'incorporel que le vide -. Les phénomènes qui se produisent dans le monde sont Telfet du jeu naturel des mouvements d'atomes. Aucune providence ne jj:ouverne ces mouvements : ils sont le résultat du hasard {y^'ji'n), qui est le maître souverain du monde '. Epicure no veut même pas qu'on parle de la destinée, de la fatalité (,6((i.xpjjLEvn). comme les stoïciens * : il s'en tient à l'idée vague et un peu puérile du hasard. 11 ne nie pas les dieux ; il en parle volontiers et souvent ; mais ses dieux, comme ceux de Démocrite, ne sont que des images ou iiloles, composées d'atomes plus fins, êtres périssables aussi bien que l'homme, seulement plus heureux, et dont le bonheur même implique une indifférence complète à l'égard de toutes choses \
La morale est l'art de conduire la vie humuiiu» selon sa vraie fin*. Or cette fin, pour tous les philosophes anciens, est le bonheur. Toute la dispute, entre eux, est de savoir où réside le bonheur. Epicure le place franchemi rit dans le seul plaisir, c'est-à-dire dans la satis-