APOLOGISTES DU SECOND RANG
le genn* a|K»logélique, c'est riiiipi^rtance donnée à la ilémonoltigie. Les idées ébauchées \\i\T Justin sur ce sujet sont développées par Tatien avec routrance passionnée qui était dans sa nature. Toute la civilisation hellénique devient pour lui Tœuvre perfide des dénions, quand ellenVst pas un simple larcin. Et ainsi Ta^Kdogie se transforme en une diatribe virulente, dont Tinjuslice est mal rachetée par une sorti» d'éloquence ani^re*. Tout autre est Alhénagoras, Athénien et philosophe chrétien, selon le litre qui ligure en tète île son Apoloii:ie-. Celle-ci I II:c7€e!a TTspi XpiiTixvciv') est adressée aux empereurs Marc-Aurèle et Commode : iwstérieure par ronséquenl à ITtî, année où Commode fut associé à l'empire, el antérieure à 180, année de la mort de Marc- Auréh», elle date [irobablemenl de 177. Xatinvllemenl modéré, Alhénagoras ne fait poinl desalire : il se borne à défendre leschréliensconlre les<*aloininesqui les reprosenlaienl comme des athées el «pii leur imputaient d*in- IVimes el sanglantes débauches. Son argumentation est simple, ordonnée, convaincanle, présentée avec bon ton el dignité, ilans un style correct on même élégant. Ilien rhez lui (les colères de Talien contn? riiellénisme. Loin de moprisiT la philosophie gn»c(|ne, il l'estime ; et, en fait, il use «le ses méthodes, hirsqu'il entreprend de démontrer rationnellement Tunité de Dieu. Les mêmes (|ualilés M* retrouvent, à un degré moindre, dans son
liower, Patvhlurjie, § 17, 1. — Éditions. Outre ccIIîj d'Otto dan.-* 1»» t. VI dr son Corpus, ritons l'ôdition plus rôc«*nlo do Schw;irtz, l^eipzit(. 1888, dans la colh?ction des Texfe und Unlenuchurif/rn.
1. Voir par fxeniid«î le eh. xxvi »*t lt»ut 1»; mouvement satiriqu* marqué par <•..• dôliut : Ilaû<Txv62 À«Syo-j; àXAeipio-j; OpiajiCcjovTï;
2. (Vest I»' s.'ul r»'n.s<;iKnement «jue nous ayons sur su pcrHonm». Les écrivain> •M'clôsiasti((ues ne disent rien de lui. Voir pourtiint nardenliow.r. PatroL, § 18. 1, et L. ArnouM, Ife Apolof/ia At/ifnagoro', Piiri'i. 1S'.»8 {[t. 12 et suiv., «lisrussion du fra^m'-nt MUMp^^t où Philipp»- d<' Sida parlait d'Alhéna;^'orasj.
second écrit, qui traite de la Résurrection des morts (riapl avx'îTacEu); vexcojvj '. Kn s'appnyaiil sur des argunienls purcineul |)liilosc>|dii([ues, Tauleur se donne pour lâche de dénnuilrer, d'abord (pie la résurrection des morts n'est [las impossible, ensuite qu'elle est même exigée par le raisonnement. Ses développements se lisent sans ellort et avec intérêt. Nous avons là un christianisme de raison autant que de foi, étroitement rattaché à la boime tradition hellénique, dont il a la modération et la clarté.
Théophile, peut-être évéque d'Antioche, composa, peu après lamort de Mîirc-Aurele i 180 ap. .).-(].), trois livres d'instruction chrétir»nne adre.ssés à un païen nommé Autolvcos fn:o; AuTÔXuy-ov "EXÀr,vx -ssirr,; tûv Xcigtîxvojv 7:icT«i>;)-, Nous les possédons encore. Moitié exposé, moitié discussion, cet ouvrage est moins une apologie, qu'une sorte d'initiation. 1/auteur, qui écrit avec élégance, raisonne clairement, sans beaucouj) de force d'ailleurs ni de profondeur. Son reuvre, mé<liocrement personnelle, intéresse plus l'histoire des dogmes que celle de la littérature.
Au même groupe d'écrivains se rattachent Ariston, auteur du dialogue perdu entre hî chrétitMi Jason et le juif Papiscos ('làcovo; xai Ila-icxQu àvrtXoyta), Miltiade, Méliton, évêque de Sardes, Apollinaire, évéque d'Hiérapolis en Phrygie, qui, tous trois, ailresserent à Marc- Auréle des apologies pour le christianisme. De toutes ces œuvres, il ne nous reste (pie des fragments insignifiants. Mais elles attestent encore, par leur nombre du
1. Los lieux T'crits d*Athi!'na;ïoras fonueiit !«' lomo VII du Corpits de Otto. Ils ont été réédités par Sflnvartz, Leipzig, 1801 {Texte und Vn terxuch un gcn ) .
2. Kenseii^neiiu^nts bîopraidi., A Anluhfc, I, 14 ; II, 24 ; Eusèbo, Cfuvn., éd. Sclio?ne. II, 170; llisi. eccL, IV, iO. Los trois lettres à Autulycos sont dans le Corpus d'Otto, t. VIII. Sur les autres ouvra^^'es de Tliéopliile, voir Bardenhew<r, Palml,, 19, 3.