‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 449 sur 605 · LES PHILOSTRATE 7G · texte numérisé non relu

LES PHILOSTRATE 7G

tes, peut-être aussi du traité Sur la Gymnastique et des Lettres.

Pliilostrate de Lemnos, dit aussi Philostrate l'ancien S le troisième du nom, était fils de Nervianus, et neveu du précédent par sa mère. Nous ne connaissons de sa vie que ce qui en est dit dans les Vies des Sophistes de son oncle et dans une courte notice de Suidas. Il fut à la fois avocat, orateur politique, sophiste, écrivain. Un détail fixe approximativement les dates do sa vie. Il eut 24 ans sous Caracalla, donc entre 211 et 217 {Vies des Soph. yll, c. 30). Parmi les œuvres que Suidas lui attribue, nous n'avons conservé que V Héroïque (appelé Tp<j)ix6; par Suidas) et les Tableaux *.

Enfin un dernier Philostrate, dit Philostrate le jeune, petit-fils du précédent par sa mère, s'est fait aus^ un nom par un second recueil de Tableaux, composé à Pîmilationdu premier. Il dut vivre dans la seconde moitié du m® siècle.

Philostrate l'Athénien, quelle qu'ait été sa réputation, nous apparaît aujourd'hui comme un homme singulièrement surfait. Avec des dons d'imagination et de style, qu'il gâte d'ailleurs par une , insupport ahle prétention, il est tellement dénué de sincérité, il pense si peu par lui-même, qu'il donne partout l'impression de la médiocrité. Son plus grand mérite est de représenter fidèlement l'esprit et le ton qui dominaient alora dans les cer-

1. On l'appelle ainsi pour l'opposer h son petit-fils dont il va être question ensuite. Philostrate le jeune, parce qu'ils sont tous deux auteurs de Tableaux. Il faut bi»'n reiiiar<|uer qu'il n'est aucunement le plus ancien des Pliilostrate.

2. Les attributions de Suidas sont confuses et contradictoires. Mais celles-ci sont confirmées par une scolie anonyme ajoutée au titre de l'abrégé des Vies des sophistes du Vatican (voir Kayser, Vies des soph., é lition d'lleid»dbt-rg, l^.'iS, p. XXVIII) et par le rhéteur Ménandre {Hh. Gr.. de Sptngd, t. III, p. 390).

764 GHAP.VI.— DE SEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTIEN

ries lilléraires. On en découvre en lui toute la vanité, toute la nullité morale, tout le mauvais goût et toutr l'alFoterie

La Vie d Apollonios de Tf/ajie, écrite pour satisfaire un désir de l'impératrice Julia, lui est dédiée * ; elle parut donc avant 217, date de sa mort. Le célèbre thaumaturge pythagoricien avait disparu depuis plu* d'un siècle. Mais la crédulité contemporaine entretenait son souvenir et l'entourait de légendes. On possédait des mémoires de sa vie, authentiques ou non, attribués à sen disciple Damis, qui était c(»nsé avoir fait pour lui ce qu*Arrien avait fait pour Kpictète. On lisait aussi, soit ce (|ue le philosophe Maxiuie avait raconté de son séjour à .Kgae en Achaïe, soit les quatre livres (ju'un certain Mœragénès avait composés sur lui-. En outre, des récits anonymes circulaient ; on colportait ses lettres, vraies ou fausses ; les viUes qu'il avait visitées et les temples dont il avait restauré les oracles h» célébraient par des fabh^s qui passaient pour des témoignages'. Peu à peu. tout le mysticisme néo-pythagoricien du temps prenait corps dans cette tradition de plus en plus légendaire, et Apollonios devenait un honunc divin, en qui ces esprits désorientés réalisaient leur idéal.

Non seulement Philostrate était incapalde de dégager de ces récits confus ce qu'ils contenaient de vérité, mais il n'eut, à aucun degré, le souci de le faire. Le dessein qu'il déclare fut de montrer (|u' Apollonios n*était pas un sorcier, « un mage », connue on disait alors, opérant des miracles au moy^îu depraticpies (occultes et d'incantations, mais un homme vraiment doué d'une vertu divine, ou, pour mieux dire, une sorte de dieu. CiO que d'autres appelaient magie, Phih)Strate le nonmiait, lui.

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