Portraits de Palamède, d'Ajax, d'Achille, etc
3. Consulter E. Bertrand, Un critique d'art dans Vanliquité\ Phi' lostrate el son école, Paris, Thorin, 4882 ; Bougot, Une Galerie antique, traduction, avec une introduction et des commentaires, Paris, i88i.
772 GHAP.VI.— DE SKPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTIEN
prendre à bien juger et à bien s'exprimer ^ Dans 8a pen Bée, ces descriptions étaient donc, avant tout, des modèles do composition et de style: et c'est ce qu'il ne faut pas perdre de vue. Ce genre, d'ailleurs, rtait depuis longtemps à la mode dans les écob's -. Kn admettant, ce qui paraît probable, que les œuvres d'art drcrites par Pbilostrate existaient réellement, il est bien certain qu'il n'y a pas à attendre de lui une exactitude dont il ne se souciait pas ^ Les tableaux dont il parle deviennent pour lui d(»s matières d(Mliscours ingénieux et brillants; aucun scrupule n'a du l'empêclier de prêter aux artistes des mérites imaginaires, pour peu qu'il y vît un moyen d'étaler les siens. Si c'est là de la critique dart, c'est encore bien plus de la rliétori(|ue et de la sopbistique. Mais, dans cette sopliistique, Pbilostrate a de Tagrément, de la finesse, de la vie, une certaine grâce malgré son affectation, et même du goût. Vraies ou imaginaires, les expressions de physionomie et les attitudes sont délicatement analysées. En outre, il complète nos informations sur certains mythes et sur la façon dont on les représentait. L'œuvre ne vaut pas la réputation qu'on lui a faite autrefois, mais elle n'est pas non plus à dédaigner.
Le succès qu'elle obtint parmi les contemporains est attesté par les imitations qu'elle suscita. Philostrate fit
1. Préface : ..*Aç' wv êp|i.rjVeûo-ouo-^ te xal tov Soxtpiou èiii{x£Ar,o'ovTa:.
2. Voir Suidas, Nix6<rTp«T0c Maxîfiwv. On a vu plus haut que Lucien s'était complu à décrire des œuvres d'art et à les interpréter.
3. La question indiquée ici a divisé et quelque peu passionné les archéologues. Selon K. Frimlrichs, les tableaux de PhilostratA auraient été composés par luid'ajirés des passages de divers poètes {Die Philostratischen Bilclei^ N. Jahr. f. class. Phil., 1861). Mais l'opinion contraire a été fortement défendue, surtout par II. Bruno {Die Philostratischen Gemuide, même recueil, vol. supplém., 1861 et 1871). Pour l'opinion intermédiaire, voir F. Matz, De Philostratorum in descnbendis imaginibus fide^ Bonn, 1867.