‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 457 sur 605 · PHILOSTRATE LE JEUNE, CALLISTRATE · texte numérisé non relu

PHILOSTRATE LE JEUNE, CALLISTRATE

«colo *. Le principal de ses imitateurs fut son petit-fils ^, Philostrate dit le jeune, qui vécut à la fin du in^ siècle. De son recueil, intitulé également Tableaux (Eixov^ç), il ne nous reste qu*un livre, comprenant 17 descriptions, la dernière incomplète. Lui aussi décrit, ou est censé décrire, des tableaux réels \ Sa manière rappelle de fort près celle de son modèle, avec moins d'élégance, moins de finesse, moins dévie.

Un autre imitateur de Philostrate de Lemnos fut Callistrato, dont il nous reste treize descriptions de statues ÇFj}(.(ffiçè%;). On suppose, sans raison bien probante, que Tauteur a du vivre au m* siècle, lui aussi. Ses descriptions sont étrangement hyperboliques et laborieusement contournées. Elles semblent moins exactes encore que celles des Pliilostrate et plus arrangées en a discours lo^ Ce sont des variations sur ce thème monotone que la matière s'amollit sous les doigts de l'artiste et semble prendre vie *.

Entre les sophistes du ni® siècle mentionnés dans les Vies de Philostrate l'Athénien, il n'y en a qu'un dont quelques œuvres nous aient été conservées : c'est Claude

L Nous îivoiis un certain noml)ro do «lescriptions de Libanios (voir plus loin). Il y en a aussi dans lo roman d'Achille Tatios. Bi«;n rjuo lo gonro ne filt pas propre à Philostrate, l'un et l'autre avaient certainement lu ses descriptions.

2. Mr,Tpo7cs(Ta)p est le titre qu'il donne à son prédécesseur dans la Préface de ses Tableaux,

3. Il (;st manifost's toutefois, qu'en certains passages au moins, il invente ou arrange les choses à sa manière. C'est ainsi que, dans le ta])leau 10, un des personnages, Néoptolème, est censé porter le bouclier d'Achille ; à ce propos. Philostrate paraphrase la description du 18* chant do Vlliade^ bien que ce bouclier n'ait pu être représenté avec tout ce détail sur un tableau.

4. On y voit figurer trois bronzes de Praxitèle, savoir : un Ëros, (ch. m), un Dionysos (ch. viii), une statue de jeune homme (ch. xi) et une œuvre, également en bronze, do Lysippe, lo Génie de l'àpropos (Kaipd;, ch. vi).

774GHAP.VI — DESEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTIEN

Ëlien *. 11 est bien propre., lui aussi, à mettre en lumière quelques-unes des tendances caractéristiques de son siècle.

No près de Rome, à Préneste, dans le dernier tiers du second siècle, il était mort lorsque Pliilostrate l'Athénien traça son portrait dans ses Vies des Sophistes; il n*avait g^ère vécu au delà de soixante ans '. Son biographe atteste qu'il se vantait de n'avoir jamais quitté Tltalie'; il fut grand prêtre dans sa ville natale : c'était un pur Romain par les mœurs, mais il aimait passionnément la Grèce et parlait grec comme un Athénien *. Il eut pour maître d'éloquence Pausanias de Césarée, et il subit en outre l'influence d'Ilérode Atticus, qu'il admirait particulièrement. S'étant essayé à la parole, il n'y réussit pas assez pour se satisfaire lui-même, malgré les éloges qu'il obtint ; dès lors, il se contenta do montrer son art en écrivant. Parmi ses discours, Pliilostrate cite une diatribe contre Élagabale (Karrjyopia toO FurnSoç), composée après la mort de ce prince (222), probablement donc au début du règne d'Alexandre Sévère *.

Ses œuvres vraiment curieuses sont celles où il mil son érudition variée et sa patience de collectionneur au service du goût qu'il avait pour la prédication morale et religieuse. Comme beaucoup de sophistes, Élien était

1. Suidas, AUiavi; ; Pliilostr., Vies des soph., II, 31. — Art. Claudius jElianus, dans Pauly-Wissowa, t. 1, p. 486.

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